l'éternité plus un jour

des humeurs, des idées, au fil de l'actualité et nulle part ailleurs.

30 janvier 2006

Mieux vaut un petit chez soi...

Comme Max, il est libre François Bayrou. Qu 'on se le dise. A l'issue d'un Congrès qui s'est tenu ce week-end à Lyon, le parti centriste avance désormais seul et ne veut plus être confondu avec la droite conservatrice. D'accord, mais à quoi ça sert au juste la liberté en politique? Pour François Bayrou, ça sert d'abord à être contre "les principes ou la pratique du projet de société qu'a nourri le Parti socialitste", comme "la pratique du projet politique, du projet de société que l'UMP est en train de mettre en place".

Et alors, celà justifie-t-il de déserter le champ des idées et du projet? Puisqu'il a l'air si mauvais à droite comme à gauche, attendons nous à découvrir quelque chose de fabuleux d'innovant, de généreux, de novateur et d'efficace de la part du parti centriste. Ni droite, ni gauche! Montrez nous que rien ne vaut le Centre. Après tout, le moteur d'une élection, a fortiori la  présidentielle à laquelle François Bayrou est naturellement candidat, consiste à formuler des idées, à initier des projets, à faire valoir des principes et défendre des valeurs, avec l'ardent désir sous-jacent d'arriver à convaincre pour emporter le suffrage du plus grand nombre. Comme le dit si bien Claude Goasguen, "une élection, ce n'est pa seulement un concours de beauté".

Or pour l'instant, François Bayrou et son parti moutonnier, conforté dans sa démarche par la dérobade de Gilles de Robien dont on se demande bien ce qu'il fait encore au Gouvernement, construit son avantage comparatif sur l'échec des autres. Allant crescendo, il en rajoute même, avec des accents volontairement dramatiques que ne renieraient pas l'opposition socialiste. Jusqu'ou ira-t-il?

Ainsi va la vie politique, un éternel mouvement perpétuel qui flatte les postures. Bien qu'il évoque à grand renfort de patos "le choix profond d'une formation politique qui assume sa libeté pour changer le destin du pays", le Président de l'UDF nous rejoue "la critique pepétuelle ou comment s'opposer pour exister". Détruire sans rien construire, c'est le mot d'ordre qui fera office de viatique d'ici avril 2007. Et qu'on ne compte pas sur lui pour proposer une alternative. "Quand le temps de la campagne s'ouvrira je prends l'engagement que nous refuserons de faire la moindre promesse électorale" a déclaré François Bayrou en clôturant le Congrès. A constater la faible cote de la promesse électorale auprès de l'électeur, on ne peut pas vraiment lui donner tort,et pour cause. Car le problème c'est pas les promesses en tant que telles. Ce qui pose question, c'est davantage le comportement des hommes politiques qui les énoncent avant d'être au pouvoir et sont incapables de les tenir un fois qu'il sont élus.

Il n'empêche François Bayrou. Sauf à vouloir donner tort à Claude Goasguen, ce qui de votre part ne me surprendrait pas, quelques idées seraient quand même bienvenues. Comme l'écrit Lionel Jospin à la page 174 de son livre Le Monde comme je le vois (Gallimard/le Débat - 324 pages, 20€) "Il revient aux responsables politiques de proposer des projets aux citoyens, afin de créer une dynamique par laquelle la société se transforem elle-même".

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26 janvier 2006

le Hamas au pouvoir par les urnes

Incertitude et rebondissement! Une fois de plus, le conflit israélo-palestinien vient de vivre un de ces évenements qui jalonnent son histoire et cultivent le caractère inéluctable de cette fracture à vif entre deux peuples, israéliens et palestiniens. Après le départ impromptu  d'Ariel Sharon du pouvoir qui fut déjà un sacré séisme, la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes ouvre une période d'incertitude d'ou peut sortir le pire comme le meilleur.

Le pire d'abord qui fait qu'un mouvement politque, le Hamas, revendiquant son extrêmisme, légitimant ouvertement le recours au terrorisme et jusitifiant les attentats suicides contre le peuple israélien, accède au pouvoir. C'est suffisant pour accentuer le repli d'Isrraél sur lui-même et justifier la tentation de son peuple de confier son sort aux faucons du Likoud et à Benyamine Netanyahu. Et pour cause, en offrant les apparences d'un geste de paix, le retrait de Gaza, n'aura pas pu servir la cause politique des palestiniens modérés et laïques. Dans ces conditions, autant rester ferme et obtu. Il se trouvera beaucoup de monde au sein de la communauté internationale, sinon pour encourager une telle attitude, du moins pour l'accepter.

On ne peut s'empêcher de penser que le peuple palestinien n'a vraiment pas de chance dans sa longue et inlassable reconquête indentitaire. Voilà un peuple qui, sans Etat ni territoire reconnu, placé en situation de sujétion et voué à des humiliations quotidiennes, avance vaille que vaille sur la voie de la démocratie (taux de participation à ces élections de 77,6%, à mettre en rapport avec ceux obtenus lors d'élections en France). Et dans ce jeu démocratique, exemplaire à l'échelle des pays arabes, le pouvoir précaire du Conseil législatif palestinien s'offre à un parti dont l'idéologie et les pratiques insupportables font courir le risque de la régression et du chaos.

Pour autant, le pire n'est jamais sûr. On peut aussi espérer du Hamas, comme on a pu le faire, à un moment donné, d'Ariel Sharon. A ce titre, on peut déjà reconnaître l'atttitude loyale et respectueuse du parti islamiste à l'égard des insitutions palestiniennes et du processus électoral. Certes, il s'y est soumis à son profit, mais sachant d'ou il vient, cette réalité n'était pas évidente. Désormais vainqueurs du scrutin, les dirigeants du Hamas vont devoir se frotter au principe de réalité qu'impose l'exercice du pouvoir. Comme on l'a vu dans d'autres circonstances ce principe peut consituer la meilleure antidote pour quitter le chemin sans retour de la violence et du négationisme à l'égard d'Israél. Puisse ce principe de réalité saisir les dirigeants du Hamas et les amener à résipiscence comme Yasser Arafat avait su le faire en son temps et à sa manière, en déclarant caduque la charte de l'OLP qui pronait l'élimination d'Israél.

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25 janvier 2006

La TVA à 5,5 ou comment se faire du mal

J'analyserai la gestion de ce dossier du seul point de vue politique.

Tout d'abord l'effet promesse. André Daguin, Président de l'organisation représentative des hôtelliers-restaurateurs est un bon client pour les médias. Ceux-ci n'ont pas hésité à lui servir la soupe au cours des dernies jours comme Jean-Michel Apathie, lundi matin sur RTL, à la veille de l'ECOFIN. André Daguin n'a jamais argumenté sur le fonds de la mesure et sur ses bienfaits en terme d'emploi. Son angle d'attaque est exclusivement fondé sur la promesse faîte par les politiques, le Président de la République en 2002, suivi de près par un bon nombre de députés en campagne cette même année. Son discours à l'attention du Gouvernement et des membres de sa majorité tient en trois points: UN vous avez promis; DEUX vous êtes aujourd'hui décrédibilisé aux yeux de l'opinion;TROIS pour retrouver du crédit (sous-entendu pour être réélu) respectez votre engagement sinon.... Le reste n'est qu'emballage et folklore, du style : "les socialsites avaient promis la TVA à taux réduit aux gens du bâtiment. Ils ont tenu leur promesse. La droite doit faire pareil pour la restauration". Il y a aussi celle là : "attention, c'est pas ce que je veux, mais les restaurateurs vont finir aux extrêmes", ou encore celle-ci, "si on a pas notre TVA à taux réduit, faudra plus compter sur nous (les restaurateurs) pour faire du social".

Après tout, André Daguin, est dans son rôle de représentant catégoriel qui ne s'en laisse pas compter. Il ne fait qu'exploiter une situation que la majorité a elle-même créée. Le pire, c'est qu'elle en rajoute comme lors du débat de nuit du 8 décembre dernier à l'Asemblée nationale. Ce fut un de ces moments de vie parlementaire où l'hystérie parcours l'hémicycle pour accoucher d'un psychodrame. Quelques 200 députés, tels un troupeau de moutons en haut d'une falaise ont sauté comme un seul homme dans le vide sidéral du discours politicien d'André Daguin.

L'autre point qui pose question, c'est la gestion de ce dossier par le Gouvernement au niveau européen, soit à l'échelon de décision. En liant la pérennité de la TVA à taux réduit pour le bâtiment et l'instauration de la TVA à taux réduit dans la restauration, le Gouvernement, houspillé par l'Elysée, a pris le gros risque de tout perdre. Or dans pareil hypothèse, rien ne changerait pour les restaurateurs tandis que tout foutrait le camp pour les enteprises du bâtiment, dont on sait qu'elles sont celles qui embauchent le mieux actuellement.

En outre, lier les deux secteurs dans une même négociation, c'était prendre le risque d'altérer, une fois de plus, notre image et notre crédibilité, aux yeux de nos partenaires européens en étant perçu, une fois encore, comme un pays arrogant et dominateur qui tourne le dos à l'Europe le 29 mai 2005, mais qui veut imposer aux autres son point de vue le 24 janvier 2006, au mépris des règles communautaires. Dans ce contexte, les Tchèques, les Polonais et les Chypriotes ont beau jeu de faire monter les enchères en demandant à leur tour un traitement de faveur.

Le pire de tout, et pour revenir au fond, c'est qu'il n'est pas du tout prouvé, compte tenu de la situation économique et financière de notre pays, que la baisse de la TVA soit, aujourd'hui la mesure la plus efficace pour répondre au défi de l'emploi. Mais c'est une autre histoire et c'est Versac qui en parle le mieux avec les liens qu'il faut.

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23 janvier 2006

A l'UMP, 2008, c'est déjà demain

Ce soir, l'UMP de Paris donnait son grand spectacle. Le titre: Les primaires ou qui choisir pour battre Bertrand Delanoë. A l'affiche et par ordre alphabétique; Claude Goasguen, Pierre Lellouche, Françoise de Panafieu et Jean Tiberi.

Disons d'abord que si primaire il y a, c'est faute d'avoir un candidat qui sorte naturellement du lot. Il n'empêche, l'exercice est inédit à droite et il mérite plutôt de la curiosité, notamment dans la perspective des élections présidentielles qui auront aussi leurs primaires à l'UMP. La pièce de ce soir était divisée en trois actes. D'abord trois minutes d'introduction par candidats. Ensuite deux fois dix minutes sur des sujets plutôt convenus (la circulation, la pollution, les ryhtmes scolaires...). Enfin deux minutes de conclusions pour donner une touche finale un peu personnalisée. On se serait cru à un concours de patinage artisitique; entre deux programmes libres, un programme imposé.

Petite revue de détail, toute personnelle et désintéressée, des prestations, dans l'ordre de passage retenu pour conclure.

Jean Tibéri, tranquille comme baptiste, fait figure de sage. Très zen, sans pour autant manquer de détermination, de passion ni de compétence, il sait, parfois mettre de la mesure quand l'expérience lui a appris à ne pas trop promettre. En écoutant les autres concurrents, il doit se rengorger devant les compliments. A l'exception de Françoise de Panafieu, les autres n'hésitent pas citer le bilan de Jean Tibéri. Ils à vont jusqu'à rappeler aussi celui de l'ancien Président de la République. Pour Pierre Lellouche, avec ces primaires, on rejoue le match d'Ornano-Chirac de 1977. Après avoir été honni, raillé et humilié, lui et sa famille, le maire du Vème arrondissement obtient la reconnaissance qu'il est venu chercher. Il en a l'air très heureux et on sent que ça pourrait presque lui suffire. Ca le rend même plutôt sympathique. Pour moi, c'est la révélation de ces primaires.

Françoise de Panafieu, on ne la sent pas faire la différence. Et ce n'est pas son quarteron d'aboyeur qui en s'agitant à chaque fois qu'elle prend la parole pourra donner le change. Bonne élève, appliquée, elle a réponse à tout...comme les autres.

Claude Goasguen a l'éloquence facile. A l'aise sur tous les sujets, il se singularise par une force de conviction qu'il met courageusement en valeur. Piqué au vif par le vrai/faux sondage de Françoise de Panafieu qui le plaçait bon dernier, il s'en est pris à elle, sans la nommer, lors des deux programmes libres. Lors de sa dernière intervention, il a employé une formule malheureuse; "cette élection n'est pas un concours de beauté...". Quelques supportrices de Panafieu l'ont très mal pris et Goasguen s'est fait hué. C'est sans doute ce que l'on retiendra de sa prestation. Et puis, on a du mal à imaginer qu'un élu du XVIème arrondissement, nonobstant ses qualités de manager, puisse devenir un jour Maire de Paris.

A mon avis, Pierre Lellouche aura été le gagnant de la soirée. En bon communiquant, il a su dépasser les règles du jeu et bousculer habilement l'ordonnancement convenu de ce type de réunion publique. Il s'est adressé à la salle en dénonçant les questions toutes prêtes et en sollicitant l'interpellation des militants qui doivent faire "éclater" ces primaires et ne pas s'en laisser déposséder. En bon politique, il a aussi jouer un coup d'avance en se plaçant face à Bertrand Delanoë. Cette élection, a-t-il dit, ce n'est pas l'élection du Maire des 8 arrondissements de droite. Il faut partir à la reconquête de Paris et de ses quartiers populaires de l'est, illustrant ce mot d'ordre par cette formule "il faut changer de trottoir". Pendant qu'il traversait la rue, les autres en étaient encore à se regarder en chien de faïence.

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21 janvier 2006

La justice dans le box

Outreau refait l'actualité avec l'audition des acquittés devant la Commission d'enquête parlementaire sur "les dysfonctionnements de la justice dans l'affaire dite d'Outreau et les moyens d'éviter leur renouvellement". Libération nous a même appris jeudi que des chaînes info avait modifié leur programme pour en assurer la diffusion. Ne les ayant pas regardées, je ne pourrais pas vous dire si elles en ont profité pour s'interroger sur les responsabilités de la presse.

Bien sûr le "succès médiatique" d'un tel événement répond à l'identification de chacun d'entre nous à ces victimes innocentes. L'erreur judiciaire peut toucher n'importe qui. Et si l'impact est forcément différent en fonction de l'origine sociale, l'expériences doit être bouversante pour tout le monde. C'est, me semble-t-il, François Mitterrand qui disait que l'on se portait mieux loin de la justice. A cette identification s'ajoute la demande compasionnelle - je devrais presque dire l'exigence -, générée frénétiquement par notre société. Disons simplement qu'en la circonstance, elle est plutôt justifiée.

Naturellement, Outreau c'est le procès de l'institution judiciaire et chacun y va de sa solution au problème. On parle de refonte totale, d'une remise à plat complète voir...d'une révolution. C'est à chaque fois les même remèdes et la Chancellerie regorge de rapports sur d'hypothétiques tranformations. Outreau aura peut-être le mérite d'en faire la synthèse. Ira-t-on jusqu'à la réforme? Ce ne sera en tout cas pas pour l'année qui vient.

Aussi me contenterai-je de deux remarques dont la simplicité n'a d'égal que mon incompétence à traiter d'un domaine qui intéresse tous le citoyens mais ne saurait être appréhendé par des non spécialistes.

Ma première remarque concerne le juge d'instruction. A chaque fois, c'est lui qui trinque. Souvenons-nous du petit Gregory et du juge Lambert. Malgré les gardes fous qu'on lui a donnés; juge des liberté et de la détention ouchambre de l'instruction, il est en première ligne et on n'hésite pas à le fustiger selon la bonne vieille méthode du bouc émissaire (force est de reconnaître que certains semblent prendre plaisir à se fondre dans la peau du personnage). Pour autant et revenant à l'exemple d'Outreau, comment l'institution judiciaire ne peut-elle pas s'interroger sur sa responsabilité lorsqu'elle confie une enquête lourde et complexe, en l'occurence une affaire de pédophilie avec tout ce qu'elle comporte de particularités, à un jeune trentenaire dont l'expérience, du fait d'études prolongées, ne peut être que limitée, non seulement du point de vue professionnel, mais également au simple niveau du vécu? Ne serait-il pas plus pertinent d'évaluer plus finement les affaires en amont afin d'organiser la désignation du juge d'instruction en fonction de critères qui dépasserait le seul lien géographique?

Ma deuxième remarque porte sur le petit monde judiciaire. C'est un monde froid, fermé, replié sur lui-même avec des codes et des coutumes qui sont autant de herses dressées contre la société. Le language d'abord, le language surtout. Pour mieux cultiver l'entre-soi, on y use sciemment de mots et d'expressions qui sont incompréhensibles pour la majeur partie de nos concitoyens. A titre d'exmple, combien sont capables de dire ce que signifie "juge du siège" et "juge du parquet"?

Les procédures sont également mises à profit pour rendre le justiciable bien démuni losqu'il tombe entre les mains de la justice.

De même, la légendaire lenteur pose moins problème du fait de l'ampleur et de la difficulté de juger que par le silence qui l'accompagne. Dans une affaire, on attend souvent sans qu'on vous dise pourquoi.

Enfin, ce petit monde judiciaire n'a pas d'humanité. Il souffre trop, du poid des hiérarchies, des luttes d'influences entre services et des rapports délétéres ente les policiers et les juges, entre les avocats et les policiers, entre les juges et les avocats (et je ne parle pas des policiers entre eux, des juges entre eux et des avocats entre eux), chacun calfeutrant son mépris de l'autre derrière la règle et les procédures. Cette façon d'être entretien la bassesse et encourage à la vilénie. La réaction épidermique des professionnels mis en cause en est la preuve. Sur ce point, le juge Burgaud, juge d'Outreau, ne fait pas exception à la règle. Il en est même la caricature afligeante en n'affichant publiquement ni remords, ni regrets.

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20 janvier 2006

L'Europe est en marche

L'Europarlement va de l'avant. A une forte majortié(1), il vient d'adopter un rapport favorable au maintien du Projet de constitution issu de la Convention présidée par Valéry Giscard d'Estaing. Les eurodéputés vont même plus loin. Ils préconisent carrément une entrée en vigueur du texte en 2009. Why not?

Rappelons que du côté du processsus de ratification à l'échelle de l'Union, le score est pour l'instant de 13 à 2. 13 Etats membres ont ratifié le projet de constitution, tandis qu'avec les Pays-Bas, nous l'avons violement rejeté. On se console comme on peut en se disant qu'on est pas tout seul dans cette galère, même si 2 contre 13 ça pèse pas lourd. Pas étonnant que le Président de la République, le Premier ministre et son ministre de l'économie, rament (comme des galériens) pour offrir à la gastronomie française sa TVA à taux réduit.

Décidement on est pas du côté du manche. C'est bien beau de se rengorger de notre valeur passée au nom du mythe fondateur. C'est élégant de vanter à nouveau les vertus du couple franco-allemand feignant de croire que sans lui rien n'est possible. Il n'empêche. Notre crédit est atteint et toutes nos propositions pour rattraper le coup du référendum, font Pschitt. Comment peut-on croire au succès d'une nouvelle négociation pour aboutir à un nouveau compromis? Le projet tel qu'il existe, est déjà un compromis. Il a été obtenu dans un cadre totalement démocratique, la convention présidée par Giscard  ayant effectué, en toute transparence, un gros travail pour accorder les points de vue et rapprocher les positions. Non, il n'y a pas de plan B, sauf à en prendre pour 20 ans de gesticulations diplomatiques. Et même si les eurodéputés ne manquent pas d'idées pour poursuivre le chantier, c'est à nous, français, de trouver la solution. L'idéal, comme l'a préconisé Giscard serait d'obtenir de nos partenaires l'autorisation d'un vote sur la partie institutionnelle du projet qui constitue la seule novation par rapport à l'état actuel de la législation européenne. A défaut de nous sortir nous-même de l'impasse dans laquelle nous nous sommes mis, nos partenaires pourraient bien finir par poursuivre la route sans nous. On aurait l'air fin.

(1) Les socialistes français se sont abstenus

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19 janvier 2006

François Mitterrand II

Grâce à l'excellent blog de Corine Lesnes, j'ai découvert un article sur François Mitterrand. Loin du mythe et de la nostalgie, on est dans l'épure avec, en arrière fonds, une fine observation de l'état de notre pays. Me revient en mémoire cette phrase: "la lucidité, souvent amère, l'exigence, parfois hautaine, et la nostalgie immédiate, cette petite soeur du désespoir". Elle est tirée  de Sixties, un très beau livre de Norbert Belleret aux éditions Sabine Wespiesser.

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17 janvier 2006

Le Président doit-il partir maintenant?

Impressionnant le nombre de réactions sur le blog de Christian Blanc à propos de son article prônant le départ anticipé du Président de la République. A sa lecture, j'avais apprécié le constat porté sur l'état de notre pays et jugé la charge assez justifiée, sans pour autant juger l'injonction pertinente. A la relecture, je reviens sur ma première impression et trouve le ton, et le fonds, emprunt d'un certain opportunisme, voir d'une relative démagogie. A moins qu'il ne s'agisse du lancement d'une stratégie politique destinée réactiver des réseaux afin de promouvoir une candidature à l'élection présidentielle. Christian Blanc est coutumier du fait et il ne manque pas d'atouts pour faire partie des prétendants. Qu'en pense Alain Duhamel? Il n'y a pas loin à penser qu'à l'approche du grand rendez-vous de 2007, l'ancien PDG d'Air France, s'imaginant un destin national, en vienne à vouloir concurrencer François Bayrou. Pas plus tard que ce matin, sur RTL, ce dernier s'est désolidarisé de cette demande de démission.

Pour ceux qui l'ont suivi depuis 2002, l'entrée de Christian Blanc à l'Assemblée nationale avait suscité beaucoup d'espoir. Ils auront été vite déçus, le député des Yvelines ayant usé avec parcimonie de la tribune qu'il s'était trouvé au Parlement. Il lui reste à dépasser la critique anxiogène et la dénonciation complaisante de la marcescence de la société française. Si le constat est implacable, il ne peut se suffire à porter une candidature. En politique, l'incantation a ses limites. Le Président de la République le sait bien. Aussi difficile soit la fin du parcours, il ira jusqu'au bout. Jusqu'à son dernier souffle, on peut lui faire confiance.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-730458,0.html

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16 janvier 2006

Nicolas Sarkozy doit lire mon blog

Il n'aura pas fallu attendre longtemps sa réaction à mon billet sur la Bougeotte institutionnelle. Un jour après, Le ministre de l'Intérieur, Président de l'UMP profite de la présentation de ses voeux pour faire état de ses propositions visant à clarifier les pouvoirs du Président de la République, "clé de voûte de nos institutions". Mis à part la limitation à deux mandats successifs ou la possibilité qui serait donner au Chef de l'Etat de "rendre des comptes à la représentation nationale", je doute de la portée des dispositions proposées s'agissant du couple de l'exécutif.

Le couple de l'exécutif vit sa vie dans un équilibre qui tient avant tout à la nature des liens qu'ont su tisser entre eux le Président de la République et le Premier Minsitre. La pratique oblige d'ailleurs à parler plutôt de déséquilibre au profit du Président qui apprécie d'user sans vergogne de son ascendant sur le Chef du Gouvernement quand ça l'arrange tout en étant bien aise de reporter sur le même la responsabilité des échecs rencontrés par l'exécutif. C'est la fameuse fonction du fusible. Il saute toujours à bonne escient pour éviter que le court-cicuit ne foute le feu à l'Elysée. Son usage est affaire de doigté et de mesure. L'actuel Président de la République nous donna un exemple singulier de cette pratique en usant et abusant de Jean-Pierre Raffarin. En même temps que le Premier Ministre prenne l'acendant sur le Président et il signe inévitablement son suicide politique ou, à tout le moins une traversée du désert.

Par ses propositions, Nicolas Sarkozy donne l'impression de vouloir identifier les responsabilités de l'un et de l'autre. Sur le papier, l'intention est louable. La démocratie y gagnerait peut être en clarté, mais il n'est pas sûr que le Président de la République y gagne en confort. Ce qui laisse à penser que les prétendants à l'Elysée se gardent bien d'aller jusqu'au bout de la logique d'un présidentialisme qui mettrait un terme à la fonction de Premier ministre. Voir une fois élu, auront-ils l'audace de mettre en oeuvre ce qu'ils ont annoncé?

Les candidats potentiels à l'élection présidentielle sont tous dans la même posture. Il convient de se démarquer du sortant dont la pratique du pouvoir est par nature contestable. En outre, au delà de sa personne, le règles insitutionnelles seraient devenues obsolètes. Une fois de plus, c'est oublier un peu vite l'exercice du pouvoir, cette qualité de l'homme d'Etat qui donne davantage de crédit à l'esprit qu'à la lettre et confère au citoyen électeur le devoir de sanctionner les mauvaise pratiques, les renoncement et les promesses jamais honorées. Dans ce sens, je suis d'accord avec Valéry Giscard d'Estaing qui ce matin, une fois de plus, a eu la formule qui fait mouche: "les français tripotent trop leur constitution".

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12 janvier 2006

Soldomania

soldesdsc00352_001Les soldes constituent un bon moyen, non pas pour supprimer il ne faut pas exagérer, mais pour restreindre ma boulimie consumériste. Tout au long de l'année je refréne mes ardeurs, me promettant, à chaque montée de fièvre acheteuse, de me lâcher pendant les soldes. J'attends avec impatience leur lancement dans le respect d'un compte à rebours au cours duquel, genre Perrette et le pot au lait, je dresse l'inventaire de mes envies et de mes besoins.

Le premier jour des soldes arrivent mais j'ai des principes. Jamais le premier jour! Il ne s'agit pas de me vautrer dans la masse des profiteurs de prix bradés qui sont prêts à vous monter dessus sous prétexte que c'est moins cher. Quand vient le deuxième jour, j'hésite encore; la foule, la cohue, les arnaques mêmes. Et puis ais-je vraiment besoin de quelque chose? Attendons le troisième jour. Le troisième jour, j'ai généralement une obligation qui justement m'empêche de "faire les soldes". J'enrage! Vient le quatrième jour. Il faut y aller sinon je vais laisser filer les bonnes affaires. Ce serait balot. Pour faire simple, je choisis les grands magasins, l'Empire du choix, la frénésie de la diversité et tout à profusion. J'arrive et justement au rez de chaussée, se trouve le rayon des chemises. Idéal pour commenccer en douceur, pas besoin d'essayer. J'avise rapidement la bac correspondant à ma taille, je passe en revu les coloris. Mon premier choix s'arrête sur le même modèle que l'année dernière, le second aussi. Je passe aux cravates et c'est pareil. Je sent monter en moi une douce saveur de satisfaction instantanée Je fais des affaires. La fièvre commence à baisser.

Je passe à la caisse mais au moment ou le prix s'affiche, un doute m'envahit. Une légére brume entoure mon état de bien-être. Est-ce bien raisonnable? deux cravates de plus, c'est utile? "ALLEZ-Y MONSIEUR FAITES VOTRE CODE!!!" m'enjoint vertement la vendeuse préposée à la caisse. Trop tard, déjà d'autres consommateurs se pressent derrière moi. Amateurs de soldes, ils ont les bras chargés de chemises et de cravates. Mécaniquement mon index droit tape ****. Je ferme les yeux, je retire ma carte bleue. On me donne mon paquet: deux chemises, deux cravates. Et si c'était pas ma taille? me dis-je en sortant du magasin.

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