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25 février 2006

CPE et communication politique

Pour jusitifer du bien fondé du contrat première embauche, plusieurs ministres n'ont pas hésité à révêler les difficultés que rencontreraient leur progéniture pour accèder à un emploi stable. Cet argument me semble à la fois fallacieux et contre-productif, comme une version renversée de la peopolisation, dont un autre ministre, d'Etat celui-là, a pu expérimenter les ravages qu'elle pouvait produire.

Il y a en effet quelque chose de fallacieux à vouloir illustrer une action politique par des exemples relevant de la vie privée quand la chose paraît arrageante. Ca ressemble à une publicité lessivielle: "Testé et approuvé par de grandes marques de grands ministres!" On est dans le registre du café du commerce. Au comptoir devant un crème ou un demi, on se dit que les français sont tous les mêmes: "ne m'en parlez pas! J'ai le même problème à la maison. Les gosses, le boulot, c'est galère..."

Pour autant, parce qu'ils sont justement dans le France d'en bas, nos compatriotes ne sont pas dupes de ce qui se passe au sommet de l'Etat. Ils savent bien qu'outre ses apparats, le pouvoir politique est source d'influence et de relations. Ils subodorent que celles-ci ne sont pas seulement réservées à l'exercice de la fonction pour servir l'intérêt général. Elles peuvent également être utiles aux proches. Peut-on faire croire au père de famille qui se morfond devant son impuissance à faire jouer ses connaissances pour aider ses enfants qu'un ministre en pareil cas, resterait de marbre devant les patrons du CAC 40 qu'il cotoie quotidiennement et à qui, avec un tutoiement facile, il peut aisément glisser le CV du petit dernier?

On m'objectera que la vie d'un fils ou d'une fille de ministre n'est pas forcément une synécure. J'en conviens tout à fait. Néanmoins, à l'heure de la pénurie d'emploi, le fait de s'appeler de Robien, Borloo ou Breton, comme Fabius, Royal ou Strauss-Kahn, ça peut tout de même aider.

C'est également contre-ptroductif, comme l'a été ce concept de "France d'en bas" qui ne faisait que souligner une réalité que les hommes politiques savent bien diagnostiquer mais qu'ils sont bien en peine de modifier faute de savoir réparer "l'ascenseur social", autre aphorisme qui pourrait tomber en désuétude. En minant un peu plus la crédibilité de leur parole sous prétexte de vouloir établir une proximité avec leurs concitoyens, les politiques ne font que renforcer le sentiment latent du "tous pourris".

Posté par gtab à 18:56 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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