10 novembre 2007
Les élections muncipales à Paris
Par la complexité du mode de scrutin qui conduit à l'élection du Maire de Paris, le vote dans le XIIème arrondissement de la capitale revêt un enjeu politique majeur.
C'est tellement ça que l'UMP, parti au pouvoir, est comme tétanisé face à cette terre socialiste de reconquête qui semble plutôt perçue par les huiles de ce parti comme une terra incognita. L'est a toujours a un goût amère pour la droite bourgeoise qui tient encore le haut du pavé parisien.
Ce fut d'abord la démission furtive du député sortant six mois avant les élections législatives, ou comment mobiliser les troupes à la veille d'une échéance importante. Pris dans les glaces de l'incertitude présidentielle, l'UMP attendit les premiers jours de juin pour dépêcher un éventuel successeur. Arno Klarsfeld, ainsi adoubé au nom d'une proximité incontestable avec le Chef de l'Etat pu faire étalage de son inconsistance en quoi il engendra davantage de compassion sur ses dispositions psychiques que d'affliction pour sa défaite annoncée. Dès sa première intervention publique, le candidat concourait déjà pour le prix de l'humour politique. Dommage que ce fut à ses dépens et surtout à ceux de ses futurs électeurs. Il avait déclaré benoîtement: "Je connais bien le XIIème pour l'avoir traversé en courant le marathon." De fait c'est en sprinteur de l'échec qu'Arno Klarsfeld sera passé au travers des élections législatives au grand dam de l'UMP vue l'idée chatoyante qu'elle se faisait de l'ouverture.
On pourrait croire que l'avantage des erreurs c'est qu'elle évite qu'on les répète. A l'UMP, il n'en est rien.
Pour les élections municipales, le parti du Président est traversé des mêmes inhibitions auquel s'ajoute un fait politique incontournable: à Paris, l'UMP ne peut pas compter sur ses propres forces pour battre Bertrand Delanoë, voire même pour faire illusion. C'est la raison pour laquelle, le nom de Jean-Marie Cavada surnage au dessus des tractations qui vont bon train au fur et à mesure que l'échéance se rapproche. Jean-Marie Cavada, 30 ans de télévision, c'est du lourd, foi de sondeur, pour ne pas laisser l'électeur bobo indifférent à Françoise de Panafieu.
Quant à l'ancrage local, à Paris, ça n'est pas vraiment un problème. Pour faire un tour de piste peu importe d'où l'on vient. Face à son itinérance, Jean-Marie Cavada est sans état d'âme. Il s'est d'abord fait élire aux élections européennes de 2004 en Languedoc Roussillon avec des vues fortement exprimées sur la ville de Montpellier. Puis en juin dernier, on l'a croisé sur les marchés chics de Saint-Maur-des-Fossés, dans le Val de Marne. Il voulait en être le député. Voilà qu'aujourd'hui, il est pressenti pour les municipales à Paris. Quel périple pour ce résident de Neuilly-Sur-Seine. Peu semble lui importer l'endroit de ses exploits. Tellement imbu de lui-même, il n'a même pas conscience du mépris qu'il transporte avec lui. Confondant d'impudeur, il va jusqu'à déclarer aujourd'hui à Libération que sa décision (d'être tête de liste dans le XIIème pour l'UMP) n'était pas prise, mais que "Mener cette bataille pour finir Maire d'arrondissement cela ne m'intéresse pas...". Les électeurs du XIIème arrondissement apprécieront.
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