l'éternité plus un jour

des humeurs, des idées, au fil de l'actualité et nulle part ailleurs.

27 mars 2008

Contre-productif

L'art de la polémique est dangereux quand l'auditoire auquel il s'adresse est mal maîtrisé. Hervé Novelli, Secrétaire d'Etat à quelque chose en a amèrement fait l'expérience ce matin au cours du débat sur la situation économique, sociale et financière de la France imposé par les socialistes à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale.

En fin de matinée, alors que les orateurs des différents groupes s'étaient tous exprimés dans des redites plus ou moins intelligibles et convaincantes, alors que le Ministre du Budget et des comptes publics avait déjà répliqué pour le Gouvernement en disant l'essentiel, ce fut donc au tour d'Hervé Novelli de souhaiter s'exprimer pour justifier son existence et préserver les équilibres précaires au sein de la forteresse de Bercy. Face à un assistance disséminée et largement repue de rhéthorique, il monte à la tribune et s'autorise un préambule accusateur. Il veut dénoncer l'attitude des socialistes qui auraient sciemment choisi une date incompatible avec l'agenda de la Ministre de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi - elle accompagnait le Président de la République à Londres - pour mieux dénoncer son absence et stigmatiser ainsi son embarras d'avoir à s'expliquer devant la représentation nationale sur une situation économique dégradée au regard des prévisions budgétaires du Gouvernement. Mal lui en a pris.

On arrivait à l'heure du déjeuner. Les débats avaient donné l'essentiel de ce qu'on pouvait en attendre et l'intervention d'Hervé Novelli apparaissait vraiment superfétatoire. C'est ce qu'a pensé Jean-Marc Ayrault, le Président des socialistes. Avec son accord, il interrompit le Ministre afin de rappeler la genèse de sa demande de débat et les correspondances échangées avec le Premier ministre pour trouver le jour permettant à chacun d'y donner, par sa présence, un éclat particulier. Ses tentatives furent vaines. C'est en tout cas ce qu'il invoqua pour dénoncer le mauvais procès que lui faisait Hervé Novelli en conséquence de quoi, devant tant de mauvaise foi, les socialistes, comme un seul homme, décidèrent de quitter l'hémicycle. Du coup, le pauvre Secrétaire d'Etat aux, Pme, au commerce, à l'artisanat et à d'autres choses, resta comme deux ronds de flan. Alors qu'il entendait répliquer avec gourmandise aux critiques des socialistes qu'il avait patiemment écoutés, il ânonnait son texte confus de se trouver dépourvu d'un auditoire qui n'était plus là pour s'offusquer de ses philippiques.

Posté par gtab à 21:13 - Parlement - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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