30 mars 2008
La honte du sport
Le sport rend c... surtout quand c'est du foot. Une fois encore, l'écoeurement nous vient des tribunes du PSG avec un acte lamentable aux relents nauséabonds qu'on imagine sans peine émerger du front bas d'un supporter de base, acclamé par ses pairs un soir de beuverie dans l'unité de leur indéfectible bêtise.
En même temps comment leur en vouloir? On cède à leurs provocations rituelles sans rien de plus que des propos indignés d'après match et des plaintes contre X qui débouchent sur des sanctions administratives insignifiantes. Comme d'habitude, l'incident d'hier soir n'empêcha pas le match de se poursuivre et les parisiens de gagner sans l'art et la manière, comme d'habitude. Pour une fois, le Président de la République aura manqué de réactivité. Découvrant l'infâmante banderole, il eut été bien inspiré de suivre sa première idée et de quitter le stade saluant ces pauvres c... d'un "j'me casse!". De même, il eut pu se trouver un représentant des autorités footballistiques, un type un peu au dessus du lot, pour prendre sur lui et décréter que trop c'est trop. On arrête! On dit stop! Tout le monde aux vestiaires et on remballe la coupe de la Ligue jusqu'à l'année prochaine. Au lieu de ça, on continua la partie et Paris gagna, préservant là ses intérêts financiers - c'est bien là l'essentiel tout de même - à défaut de sauver la face.
La religion ayant cessé d'être l'opium des peuples d'occident, le sport l'a supplanté. Aucune autorité morale n'a plus de prise sur les grands événements, les dieux du stade et les enjeux financiers qu'ils véhiculent. Quand Michel Platini dénonce le dévoiement de son sport, on l'écoute poliment. Depuis la catastrophe du Heysel en 1985, rien n'a vraiment changé, rien n'a vraiment été appris. Des échauffourées incontrôlés avaient alors entraîné la mort d'une trentaine de personne sous le regard de millions de téléspectateurs. Malgré ce drame, et après l'évacuation des victimes, le match eut lieu avec un léger retard sur l'horaire prévu. Pourquoi s'étonner des propos haineux et racistes qui fleurissent régulièrement dans les stades? Sauf à considérer que sans cet exutoire du samedi soir, la situation serait encore plus terrible dans les quartiers, pourra-t-on aller jusqu'à dissoudre des clubs et supprimer des matchs?
Avec cette mentalité sportive du show perpétuel et sans concession, on en arrive à des aberrations pour dénoncer les errements d'un éventuel boycott des jeux olympiques de Pékin. Certains sportifs qui n'ont pas beaucoup à se forcer pour ressembler à ceux qui prétendent les admirer, se sont indignés que pour de sombres questions de droits de l'homme ou de répression meurtrière au Tibet, on puisse oser envisager de les priver d'un événement qu'ils préparent, dans leur tête et dans leur jambes, depuis quatre ans sans retenue.
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