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18 décembre 2008

Le culot de Rama Yade

Rama Yade a refusé de conduire une liste aux élections européennes comme le lui demandait le Président de la République.

Une part d'insolence audacieuse est toujours utile en politique, même si dans les sphères ministérielles où elle espère continuer à graviter il faut savoir aussi faire preuve de souplesse et limiter tout écart susceptible d'affecter l'humeur présidentielle relayée promptement par sa meute des basses oeuvres. Résultat, elle récolte une volée de bois vert d'un goût plus que douteux de la part de ses amis de l'UMP.

On ne peut pas donner tort à la Secrétaire d'Etat des droits de l'homme. Nonobstant l'inanité de sont portefeuille, comme l'a reconnu un peu tardivement son ministre de tutelle, elle fait de la politique et a su s'imposer là où d'autres se seraient contenter d'occuper distraitement le strapontin qu'on lui a donné. De ce point de vue, Rama Yade s'inspire à la lettre de son mentor Nicolas Sarkozy. Elle se pousse du col profitant d'une position victimaire avantageuse. A l'âge qu'elle a et avec l'appétit qu'elle affiche, Rama Yade ne peut pas aller s'enterrer au Parlement européen. Elle doit dépasser l'instrumentalisation dont elle fait l'objet.

Forte de la symbolique bien mise qu'elle dégage au bénéfice du Président de la République en termes de diversité et d'égalité des chances, Rama Yade doit mesurer sa marge de manoeuvre. Nicolas Sarkozy aurait certainement beaucoup à perdre en la remisant au placard pour cause d'arrogance qu'il peut comprendre.

Pour autant, ayant bravé la volonté élyséenne, Rama Yade doit désormais aller au bout de sa logique et conquérir son autonomie. Pour durer au plus haut niveau, elle doit se trouver un fief, aller sur le terrain et prendre une circonscription. Or depuis sa nomination au Gouvernement qui l'a mis dans la lumière, elle n'a pas semblé chercher la terre qui pourrait lui donner l'onction du suffrage universel. Sa sortie mesurée aux dernières élections municipales a été un échec à partir duquel elle n'a pas semblé vouloir persévérer. Au contraire, elle semblait à nouveau attendre d'en haut le bénéfice d'un parachutage doré sous les bons auspices des experts UMP de la carte électorale. Sa rebuffade européenne semble désormais exclure une telle perspective et Rama Yade devra donc se prendre en charge si elle veut échapper à la discrimination politique négative en passant du statut de nommé à celui d'élu. 

Posté par gtab à 23:02 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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