l'éternité plus un jour

des humeurs, des idées, au fil de l'actualité et nulle part ailleurs.

21 mars 2009

Obama et l'Iran

Le message adressé aux Iraniens à l'occasion du nouvel an persan, ou Nawroz (le "jour nouveau") qui coïncide avec l'équinoxe de printemps, est intéressant en termes de rupture. Il y a d'abord la forme inédite d'une vidéo, brève et directe, transmise via internet. Au delà de ce formalisme diplomatique inédit offert aux yeux du monde, Barack Obama ne déçoit pas, bien au contraire. Son discours est conforme à ses courageux engagements de campagne. A l'époque, on pouvait simplement y croire tant il y a loin des promesses électorales de ce type à leur mise en oeuvre. Aujourd'hui, il le dit et c'est déjà beaucoup.

Il y a un peu de repentance dans la position de Barack Obama, à tout le moins une reconnaissance implicite que les torts sont partagés. Passer d'une dénonciation belliqueuse d'un axe du mal au "respect" pour l'histoire et la culture iranienne ; l'effort américain n'est pas mince. Compte tenu de l'influence iranienne au Proche-Orient, de la bande de Gaza au Sud Liban en passant par l'Irak, il est riche en perspectives pour faire bouger les lignes. Naturellement, il convient de voir comment la main américaine ainsi tendue sera appréciée par l'Iran qui jusque là, a fait preuve d'un radicalisme sans nuance, au delà d'une surprenante lettre de félicitation du Président Mahmoud Ahmadinejad postée au Président Barack Obama. D'une part les choses ne semblent pas très claires dans les rangs des mollahs iraniens. D'autre part, il faudra trouver des arguments très forts pour les inciter à renoncer à un programme nucléaire qui constitue aujourd'hui le point névralgique du rapport de force entretenu avec la communauté internationale.

Enfin, reste à savoir comment les paroles de Barack Obama qui ont la fraîcheur des 100 jours d'un début de mandat, seront suivies d'effet. Derrière la posture du Président qui peut compter sur la bonne volonté d'Hillary Clinton, on peut se demander si l'administration américaine est, d'une part en phase avec l'ouverture annoncée, et d'autre part si elle dispose d'une politique correspondante prête à être mise en oeuvre.

Reste également le point de vue Israélien qui ne compte pas pour rien dans l'engagement américain au Proche-Orient relayé qu'il est aux Etats-Unis par un puissant lobby juif. Le Président américain ne peut l'ignorer sans risquer le pire. Dans un contexte post électoral qui pourrait placer Avigdor Liberman à la tête de sa diplomatie au nom d'une coalition laborieuse et à haut risque, l'Etat israélien ne présente pas les meilleures dispositions pour suivre la nouvelle offre américaine, ce d'autant que quelque soit le Premier ministre, Israël est évidement prête à frapper seule les installations nucléaires d'un pays qui remet en cause son existence.   

Posté par gtab à 21:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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