Jean-Louis Borloo est bel et bien un centriste! Le sourire en coin et l'air velléitaire ne trompent pas. Ajouter à une désinvolture inconvenante, ils auront eu raison de son ambition tardive et poussive après son éviction du Gouvernement.

Où l'ancien Ministre de l'environnement qui devrait rendre des comptes pour le fiasco de la filière photovoltaïque, fait figure de leurre! Il a embarqué la famille centriste dans une course de lenteur. Sous prétexte de prétendre devoir reconstruire ce qui avait échoué trop longtemps sous la forme d'une droite divisée et d'une UDF éclatée, Jean-Louis Borloo a fait superbement patienter tous ceux qui se cherchaient un chef pour prendre le vent de l'opprobre accablant le Président de la République. Dans un réquisitoire implacable d'évidence: "la vérité c'est que les centres n'ont jamais été aussi éclatés, en compétition même entre eux. Je veux d'ailleurs bien en prendre ma part de responsabilité", il coupe la petite course d'élan d'Hervé Morin. Comme Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn, les deux anciens ministres de Nicolas Sarkozy se marquaient à la culotte. Que le deal n'ait pas pris la forme d'un pacte de Marrakech, ne changeait rien à l'affaire. Ils se tiraient la bourre dans le respect d'une préséance dictée par les sondages. Désormais seul face à lui-même, et c'est déjà beaucoup, Hervé Morin demeure le candidat par raccroc qu'il s'était finalement résolu à être.

Encore une fois, l'abandon raisonnable de Jean-Louis Borloo qui ne vaut que par l'éclair de lucidité lui faisant comprendre son intérêt, montre qu'une candidature à la présidentielle va se chercher plus loin que dans l'alibi d'une opportunité mal calculée et des petites vengeances rances qui fabriquent les entourages. Quand bien même elles sont utiles, il faut d'autres armes que la haute estime de soi et la somme des haines abandonnées par le Président sur le chemin de son quinquennat, pour aller au devant des français. Il y a à rire ce soir en songeant aux mines certainement déconfites de Dominique Paillé, Rama Yade et autres Yves Jego. Ils devaient le peu qu'ils étaient à Nicolas Sarkozy. Leur disgrâce leur a servi de boussole. Elle leur a fait perdre le nord et les miettes de crédibilité qui leur restaient. C'est bonheur de les penser perdus - pour un temps - à cause de leur inconstance et de leur ingratitude!

En désertant le champ de bataille présidentiel avant qu'il soit ouvert, Jean-Louis Borloo ménage son avenir. C'est dire s'il voit loin. On lui trouvera une fenêtre d'exposition lors de la campagne escomptant que son retrait puisse se doubler du retour de ses maigres troupes dans le giron d'une majorité présidentielle en reconstruction. Reste François Bayrou. Il retrouve peut-être un peu d'air ce soir et ce dit que le temps du débauchage et des rabibochages est venu. Avec les centristes, on en reste toujours à de la petite politique.