Une rentrée politique post électorale n'est pas vraiment palpitante. Saturés de débats et de combats, les électeurs n'ont plus l'attention qui convient. Tout a été dit. La présidentielle de l'UMP trouvera-t-elle alors de l'intérêt aux yeux des militants? Le 1er tour de scrutin est encore loin. Les médias s'en sont déjà emparés pour nous conter l'histoire du duel fratricide opposant Jean-François Copé et François Fillon. Deux personnalités contrastées, deux légitimités affirmées et une même ambition diversement exprimée ; les commentateurs veulent croire à ce casting dans un scénario susceptible d'intégrer l'idée sous-jacente d"avoir à tuer le père. On prête beaucoup à Nicolas Sarkozy dans cette séquence qui pourrait rappeler 2004 lorsque celui qui n'était pas encore Président de la République pris le parti au nez et à la barbe des chiraquiens pour le mener à la victoire.

Mais le troisième homme n'est pas forcément celui qu'on croit. L'affrontement entre l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy et le secrétaire général de l'UMP à été engagé très vite. Aucun délai de descence n'a été respecté après la défaite. À peine le temps à l'alternance de s'installer pour laisser voir une nouvelle majorité s'inscrire hypocritement dans la continuité poussive de la précédente. De même, quelques têtes de l'UMP ont exprimé un peu trop prestement le ressentiment que leur avait inspiré la campagne du candidat sortant. Cette distance, facile à défaut d'être correcte, est le moyen qu'ils ont trouvés pour se replacer dans jeu. Il trouble les esprits d'une famille atteinte par la défaite.
Dans ce contexte, le duel attendu n'est pas forcément espéré. Un troisième homme pourrait bien créer la surprise. En l'occurrence, il pourrait même s'agir d'une femme. Nathalie Koscusko-Morizet semble avoir pressenti l'humeur des militants fatigués d'avoir à supporter des egos surdimensionnés. Non qu'elle en soit dépourvue, mais, en politique les femmes savent encore l'afficher avec plus de subtilité. Elle pourrait offrir au parti un saut générationnel et pacifier le clivage qui est sans doute aller trop loin entre les partisans de François Fillon et Jean-François Copé. Sa présence à la tête de l'UMP  donnerait un belle image de renouvellement et de modernité au Parti si l'on conçoit que la femme est l'avenir de l'homme politique. Sa jeunesse pourrait éventuellement faciliter le retour de Nicolas Sarkozy pour un ticket à l'américaine en 2017.

Avec des règles draconniennes - nombre et qualités des parrainages et fermeture des listes électorales aux adhérents à jour de cotisation au 30 juin -, la lutte sera rude pour le challenger des duettistes de l'été. L'appareil partisan va jouer à plein pour Jean-François Copé. François Fillon veut, à coup de sondages opportunistes, prendre l'opinion à témoin.

Face à cette compétition à droite, la gauche devra trouver quelque chose pour conforter sa visibilité acquise depuis ses victoires présidentielle et législative. En charge de l'essentiel, ce devrait être à elle d'écrire l'histoire. Pas sûr que l'université de la Rochelle ait été une bonne entame autrement qu'avec la tragicomédie ayant consisté à éviter ce pauvre hère d'Olivier Falorni. Martine Aubry devrait faire son dernier discours de Secrétaire générale. Grand bien lui fasse et au parti aussi. Reste à savoir ce qu'elle deviendra ; un casse-tête féminin de plus pour François Hollande. Quand on vous dit que la femme est l'avenir de l'homme politique. Le bénéfice de son élection est déjà dépassé. Trouvera-t-il autre chose que de faire payer les riches? Un sentiment d'impuissance s'installe autour du pouvoir. Il s'ajoute au caractère "normal" de sa personne qui d'un slogan improvisé est en passe de devenir un danger quand il s'agit d'agir et réagir face à la crise. Comme Yasmina Reza avec Nicolas Sarkozy - "Ils ne jouent pas leur existence, mais plus grave, l'idée qu'ils s'en sont faites",  Laurent Binet a fait le récit de la campagne de François Hollande. Son livre est annoncé comme un événement de la rentrée littéraire. Son succès servira peut-être d'indicateur sur la capacité du nouveau Président à sortir de la normalité.