20150112 049

La force du drame, son "sensationnalisme sidérant", ses ressorts et les cibles symboliques lâchement frappées ont généré un moment de ferveur populaire inédit. Plusieurs millions de personnes se sont rassemblés en hommage aux dix-sept victimes des terroristes djihadistes. Sous plusieurs prétextes qui se rejoignent pour converger, les marcheurs du dimanche 11 janvier ont créé un événement qui doit faire date, comme un sursaut à l'envie de retrouver ce qui fonde l'unité d'un peuple dans ce qu'il a en partage et pour ce qu'il veut (re)constuire. La foule était belle, calme et sûre entre République et Nation. Un temps, les politiques ont failli gâcher ce moment de concorde par des réflexes de bas nveau qui les poussent à inscrire tout événement dans un rapport de force, en fonctions d'intérêts partisans. La petitesse de la classe politque actuelle est handicapant.

Pour un Président normal, François Hollande a fait ce qu'il avait à faire ; Reste désormais à respecter cette unité - un message d'exigence -, à la faire vivre ; à partir d'aujourd'hui, la politique reprend ses droits. On la veut réactive, et efficace enfin! La surenchère verbale qui vise à entretenir une dépendance collective aux émotions ne saura suffire ; en 2002, le Président élu n'avait rien fait du mouvement populaire qui s'était soulevé derrière son nom. Le Président actuel saura-t-il éviter la léthargie qu'il incline à privilégier jusque là et qui révèle, aux yeux des français, sa nature la plus profonde ? Il s'agit d'incarner totalement et sincèrement la force de la République et de ses valeurs! L'Europe saura-t-elle aussi répondre aux vrais enjeux de civilisation qui habitent son idéal et justifient sa raison d'être? Le monde saura-t-il éteindre le feu qui dévaste le Proche-Orient depuis trop longtemps et répand sûrement un climat mortifère contagieux?