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"Au lieu de nous féliciter, essayez de faire quelque chose"! Greta Thunberg l’a joue provoc! C’est par la trouille qu’elle veut faire bouger les choses. On devrait lui apprendre que la peur n’évite pas le danger. S’en prendre au gouvernants sous prétexte qu’ils ne font rien, ou s’agitent en deçà de l’urgence à réagir, frise la démagogie quand bien même, l’alerte émane d’une jeunesse scrupuleuse et rigoriste qui s’inscrit dans un combat  générationnel. 

Gouverner, c’est prévoir! Au rythme où les réformes se déploient, et si tant est qu’elles soient constantes, l’action d’aujourd’hui vaut pour après-demain. Les politiques rêvent d’infléchir la tendance avant les prochaines élections. S’agissant du climat, comme de la dette ou des déficits, c’est peine perdue. Si l’action publique est en marche, elle ressemble à ces monstrueux paquebots, propulsés au fuel, qui mettent des plombes à changer de cap.

L’interpellation de cette jeunesse « Youth for the climate », et les évocations de fin du monde, donnent un coup de fouet médiatique à nos consciences léthargiques. La mobilisation des générations futures interpelle pour mieux stigmatiser les faiblesses des grandes personnes. Néanmoins, la radicalité du discours est une chose ; sa prise d’effet en est une autre. Même si elles durent de plus en plus longtemps, nos existences restent éphémères. Notre passage sur la terre est pavé d’incertitudes. Nos modes de vie sont anxiogènes quand l’idéologie consumériste et hédoniste supporte encore les espérances de l’humanité, notamment pour la part la plus en écart en termes de pauvreté et de niveau de vie. Une alternative radicale peine à émerger. À l’échelle de nos vies, nous sommes tous responsables. 

Ces périodes caniculaires qui s’intensifient en se répétant, éprouvent notre humeur et notre physique. Elles nous inquiètent autant qu’elles nous affligent. Il faudrait ralentir la marche du monde vers son agonie. « Le réchauffement n’a jamais été aussi universel ». Entre conscience et déni, injonction à faire ou passivité à agir, culpabilité ou incrédulité, demeure une certaine aversion au changement dès lors que la lutte contre le changement climatique vaudrait régression délibérée et renoncement affiché pour le progrès. Tout est affaire de définition et il convient de savoir de quel progrès nous parlons et quel progressisme il met en œuvre. Il n’empêche. Les crises en tout genre persistent et s’amplifient depuis quarante ans. Elles n’ont pas éteint les rêves de jours meilleurs pour la prospérité et le bien-être de tous. Entre fin du monde ou fin d’un monde, il est difficile de choisir.