10 février 2007
Paris de Robert Doisneau
C'est un autre piéton de Paris. Il donne à voir et à ressentir des situations, des humeurs autour de lieux qui figent des époques en pleine nostalgie. Robert Doisneau a construit une oeuvre à travers un style et un travail qui en font le photographe français le plus reconnu et lui confère une notoriété internationale hors du commun.
Bien sur, il y a la polémique sur ces photos posées et maintenant que l'on sait, on devine évidement toute la minutie de la mise en scène pour ce qui devait être pris sur le vif. On pardonnera cette supercherie pour ne garder que l'émotion de chaque cliché. Robert Doisneau nous apprend à voir le merveilleux côté de la banalité des choses, des faits, des gestes ou des lieux. A chaque image, il y a comme une belle leçon de vie qui donne le sourire et provoque un enthousiasme revigorant.
Robert Doisneau nous offre une promenade infinie dans ce Paris qu'il arpenta sans relâche. C'est le Paris modeste duquel il sait extraire toute l'humanité de ses habitants. C'est aussi les beaux quartiers avec les gens du monde dans leur élégance et leurs apanages qui confinent à une poésie désuète. C'est surtout la rue et ses mille spectacles quotidiens.
Allez-y vite!
05 février 2006
William Klein à Beaubourg
J'aurais souhaité écrire un billet sur cette magnifique exposition qui doit encore être visible quelques jours. William Klein photographie à l'estomac. Il va parfois au delà du réél. En tout cas, il dépasse toujours les apparences. Par manque de temps pour en dire plus, je préfére lui laisser la parole.
28 novembre 2005
La beauté nostalgique des photos de Willy Ronis
Ai vu, à l'hôtel de ville de Paris, une magnifique exposition des photographies de Willy Ronis dont j'ai appris qu'il est français et non américain comme je l'imaginais. Né en 1910 dans le 9ème arrondissement, Ronis fait naturellement pensé à Doisneau, Boubat ou Cartier-Bresson. Comme eux, il est le révélateur d'un Paris populaire. Il prend sur le vif, au coeur du 20ème siècle, des comportements, des attitudes et des lieux qui tirent curieusement leur force d'une banalité arrachée au quotidien. Ces tirages en noir et blanc sont pleins d'une nostalgie qui émerveille, en comparaison à un urbanisme effréné qui a saisi dans le béton les quartiers d'hier, Belleville-Ménilmontant, les Halles... et réduit considérablement le spectacle du "pavé parisien".
Je retiens deux périodes particulièrement marquées et mises en valeur par l'exposition. La première émerge avec le front populaire (Ronis date ses débuts dans la profession de photographe-reporter-illustrateur de la vicoire du front populaire et plus exactement du 14 juillet 1936) et l'acsencion d'une mouvement social que W. Ronis s'atatche à montrer avec une sorte de pureté naïve. La photo emblèmatique de cette période date de 1938, lors des grèves visant à contester la remise en cause des droits acquis en 1936. Elle nous montre une ouvrière des ateliers de l'usine Citroen-Javel, juchée sur un tabouret et arraguant ses camarades, le doigt pointé en avant, afin, certainement de les encourager à continuer la lutte. Curieusement, cette photo ne sera révélée au public qu'en 1980. Elle devient alors l'une des images les plus célébres de W. Ronis.
L'autre période est consacrée aux quinze années qui suivent la guerre. Elles correspond, tout du moins au début, à la renaissance de la presse qui multiplie les titres et développent les magazines (ELLE date de 1945). Il y a alors "une folle soif d'image" qui inspire naturellement Ronis pour saisir, dans l'instant, des gestes de bonheur et des sourires enchanteurs. Je pense notamment à cette très belle photo des amants de la Bastille qui, contrairement aux amants de l'Hôtel de ville de Doisneau, n'eut rien de préméditée dans sa mise en scène. Elle représente un couple au sommet de la colonne de juillet, contemplant l'horizon des toits de Paris sur lequel surnage, dans un brouillard en apesanteur, les tours de Saint-Sulpice.
Il s'agit d'une très belle ballade à travers Paris, comme on aimerait soi-même en faire une, le regard aux aguets pour raporter l'instant qui nous entoure et fait le bonheur des escapades à travers les rues de la capitale. L'exposition a lieu jusqu'en février.




