l'éternité plus un jour

05 novembre 2016

Les primaires : la nouvelle machine à perdre

Et si les primaires étaient la nouvelle machine à perdre de la droite et du centre? Une énième manière de nourrir la divison des ambitions à défaut de mettre en valeur la distinction des idées. Mais les dés sont lancés dans cette mise en scène de la légitimité démocratique qui renforce un peu plus la désacralisation de l'élection présidentielle et fait paradoxalement raisonner à l'oreille des sympathisants prêts à débourser 4€ pour exercer leur droit de vote ce lancinant slogan daté de mai 68 : "élection piège à cons!" Combien seront-ils à se compter les 20 et 27 novembre prochain?

En attendant, on nage en plein spectacle politico-médiatique. Les chaînes "tout info" s'en donnent à chœur joie, les instituts de sondage tournent à plein régime, font leur chiffre d'affaire de l'année, les journalistes politiques des heures sup et le Monde n'en finit pas de publier, à pleines pages, un tombereau de répulsifs contre Nicolas Sarkozy sous couvert de grands reportages.

Sept animaux de foire, avec leurs tares et leurs talents font le show dans une ambiance aseptisée de débats télévisés qui n'ont de débat que le nom et où seul compte le strict respect égalitaire des temps de parole. Et dire qu'un troisième round est prévu. Apres François Bayrou, hier qui sera le prochain invité surprise?

À chaque fois, on passe à côté et le niveau sonore de solennité fixé par les animateurs se contente de peu ; on attend/provoque les pugilats, petits meurtres entre amis, rien de plus. Les bêtes politiques sont braves. Elles répondent vaillamment au rite médiatique. Elles jouent le jeu du micro tendu dans une compétition marcescente. Ceux qui n'ont rien à perdre parce qu'ils ne peuvent pas gagner jouent la provocation, les petits coups d'éclat, les postures indignées et l'humour décalé. Ils sont jeunes et ont l'insouciance qui colle à leur statut de faire valoir ou de trouble-fête. Les autres préfèrent incarner l'expérience et la tempérance qui l'accompagne - "J'ai essayé de porter un diagnostic lucide sur la situation de la France. Sans lucidité, il n'y a pas de vision et il n'y a pas de perspectives. Je crois à la nécessité d'une alternances franche, forte." Et soudain, les plus anciens paraissent censés mais semblent dépassés. Une élection c'est aussi un conflit de génération. C'est pourquoi certains d'entre eux préfèrent en dire le moins possible pour ne pas s'abîmer au contact rugueux de contradictions inutiles.

A la fin du spectacle, les journalistes s'empressent de décerner les médailles et de nommer aussi les déficients. On se rassure en constatant que les équilibres sont respectés aux vues de sondages qui ne veulent rien dire. On trouve quand même quelques mouvements de ligne, histoire de préserver l'attention du public qui sans rien demander aura droit à un troisième débat d'ici au premier tour (de la primaire). Il faut espérer que les efforts qu'on lui inflige en termes d'attention et d'empathie, n'auront pas pour effet de le rassasier avant le verdict final. Ces concours de beauté avant l'heure pourraient finir par lasser quand le même processus, le même décorum s'inviteront dès le début de l'an prochain pour la vraie campagne de la véritable élection présidentielle ; alors même que beaucoup de prétendants semblent considérer que le vrai combat se joue dans leur propre camp, ici et maintenant. Non seulement la présence de Marine Le Pen au second tour ne fait plus peur à personne, mais plus encore certains s'en accommodent facilement pour élaborer leur tactique en conséquence. La primaire de la droite et du centre pourrait ne servir à rien.

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30 octobre 2016

François Bayrou ; le passager clandestin de la primaire

 François Bayrou, c'est le passager clandestin de la primaire ; la personne, même pas inscrite sur Blabla car, mais qui voudrait profiter du co-voiturage!

C'est subtil, mais au fond pernicieux, et cynique. Ça engendre des déviances et des outrances comme cette tribune ordurière récemment jetée en pâture sur FB. François Bayrou a une constante depuis plus de quinze ans ; tout faire pour être au rendez-vous quinquennal de l'élection à la Présidence de la République française. Pour sortir de sa torpeur et être présent au bon moment, celui dont Simone Veil disait qu'il "est le pire de tous", est prêt à tout.

Dans cette obsession de l'être, Francois Bayrou n'a pas besoin d'idées neuves ou de programme. Avec la primaire de la droite et du centre, il n'a qu'à jouer de la posture des uns et des autres s'érigeant d'autorité en arbitre des consciences. C'est un bel opportunisme de sa part de soutenir Alain Juppé, un ami, pour qui, par cohérence intellectuelle, il n'ira pas voter (à la primaire). La victoire du Maire de Bordeaux lui ouvrirait les portes glorieuses d'un retour à un destin national. Allez savoir ce qu'il négocie ; Ministre, voire Premier d'entre eux. À tout le moins, ce serait la perspective d'un groupe parlementaire discuté avant même les élections législatives. En cas de succès de Nicolas Sarkozy - pour les autres on ne sait pas - à la Primaire, il s'y collera personnellement avec délice, escomptant le ralliement tacite des juppéistes pour s'élever en parangon de vertu et en redresseur de tort. C'est peut-être ce qui agace le plus chez lui ; cette manière pontifiante de dramatiser le don de son corps et de sa parole pour donner des leçons à la classe politique toute entière sous couvert d'un discours teinté de populisme subliminal. A l'entendre, il aurait tout ce que les autres n'ont pas : valeur, grandeur, humilité et intelligence de tout de que le pays attend comme de tout ce dont il a besoin. Une fois encore dans sa diatribe excessive et agressive publiée sur FB, il aurait tout vu, tout compris et tout dénoncer, avant les autres, du danger viscéralement incarné par Nicolas Sarkozy, "crachant sur ceux qui ne votent pas pour lui".

Par facilité tactique François Bayrou entend figurer l'opposition frontale à Nicolas Sarkozy ; une ligne conduite bien balisée depuis 2007. Il a indexé son avenir sur celui de l'ancien Président ; le parti du moindre effort. Tout est dit. Rien ne sert de servir aux Françaises et aux françaises un programme, des idées qui ne constitueraient qu'une incarnation superfétatoire de l'alternance. En se posant en premier adversaire de celui qui demeure un incomparable maître de campagne électorale pour fixer l'agenda, François Bayrou espère être tiré par le haut. François Mitterrand avait le Général de Gaulle, le Maire de Pau a Nicolas Sarkozy. On a les adversaires qu'on mérite. De fait, pas la peine de s'appesantir sur le constat de la colère française qui va du ras le bol fiscal au phénomène des migrants en passant par la dette, les déficits et cette lutte perdue d'avance contre le chômage. Pas la peine de citer ces maux qui ne valent d'être dénoncé que pour les ploucs. Qu'importe que 30% de l'électorat soit irrévocablement scotché au Front National. Mieux vaut taper sur Nicolas Sarkozy, incarnation, non seulement d'un échec, mais plus encore d'un péril à venir encore plus terrible. Dans cet exercice, François Bayrou n'est qu'ardeur emphatique, mobilisation pathétique et attaque ad hominem. Il rêve d'un mano à mano à la rescousse d'une révélation virile donnant à ses compatriotes l'illusion du dernier rempart contre les risques d'atteinte à la démocratie et à l'intégrité de notre pays que ferait porter la réélection de Nicolas Sarkozy au delà de tout autre danger.


La posture de François Bayrou donne prise à toutes les déceptions nourries du retour de Nicolas Sarkozy. En conséquence, elle focalise sur l'accessoire, mais le dernier des centristes, quand on parle désormais de progressistes, n'en a que faire.

À celles et ceux qui donnent crédit au message rassembleur d'un centre - sacré milieu, hétéroclite et velléitaire - destiné à réunir les hommes et les femmes de bonne volonté, le parcours de François Bayrou parle éloquemment contre lui. En 2007, très haut au premier tour de l'élection présidentielle, il avait alors les moyens de son ambition pour opérer ce basculement de la Vème République, appelé de ses vœux, et mettre à bas le système politique bi-polaire marcescent ; un soutien affiché et assumé à Ségolène Royal pour le second tour - plus adapté que cette mascarade d'un débat télévisé improbable entre eux - eut été le moyen d'incarner un centre dans un programme de Gouvernement avec la constitution d'une force centriste à l'Assemblee nationale capable de s'allier aux forces progressistes de gauche. Las, il lui a manqué de courage politique et d'une vision adaptée à son discours velléitaire "Ce qui me sépare de Ségolène Royal, c'est son programme; ce qui me sépare de Nicolas Sarkozy, ce sont ses valeurs. Dans mon esprit, chacun le comprend bien, les valeurs, c'est plus grave que le programme" ; ce courage teinté d'abnégation et de grandeur qui lui aurait permis d'abaisser ses petites prétentions en permettant à une femme - suprême sacrilège! - d'accéder à la marche supérieure de l'Elysée tandis qu'il lui serait revenu l'immense honneur de diriger l’action du Gouvernement et de faire voir au pays ébahi de quoi le centrisme est capable.

François Bayrou est passé à côté de l'Histoire. Il porte aussi sa part de désillusion.

En 2012, les circonstances auraient pu se répéter. Le candidat du MODEM a d'ailleurs cru bien faire en donnant sa voix à François Hollande escomptant que sa lâchetés soit payée de retour. L'appel du pied n'a pas dû être assez fort. Par deux fois, François Bayrou aura placé sa petite personne au-dessus des attentes du pays et des principes qu'il prétend représenter. Par deux fois au moins, il a été incapable de se transcender pour mettre ses paroles en acte. Jamais deux sans trois? C'est terrible quand on y pense!

 

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31 août 2016

Macron s'en va

François Hollande est dévitalisé. L’homme de la synthèse n’agrège plus. Le départ de son ministre de l’économie, Emmanuel Macron relève d’une sanction sans appel pour le chef de l’Etat. Il y a deux ans, il avait lui-même, par un acte d’autorité inédit parce que fortement téléguidé par son Premier ministre, rompu avec les mauvais garçons de son gouvernement. Ironie de l’histoire, il avait viré Arnaud Montebourg pour le remplacer par Emmanuel Macron. Peine perdue, effort vain d’un virage social-démocrate subodoré qui signe aujourd’hui une nouvelle sortie de route de l’exécutif.

Cette fois, François Hollande n’a même pas pu illusionner l’opinion d’une décision personnelle. C’est Emmanuel Macron qui se retire de lui-même. Le Président n’a pas su trancher – à son niveau, il peut tout ; son ministre maitrisait le calendrier. Il faisait monter la sauce de sa démission inéluctable. Elle était prévisible et attendue. Malgré les remontrances de son Premier ministre – « il faut que ça cesse ! » -, François Hollande a été incapable de contrarier la petite ambition d’Emmanuel Macron qui pourtant lui doit tant.

Dépassé sur sa gauche – rarement on a vu attaques plus virulentes d’anciens ministres contre un Président qu’ils ont servi – défait sur sa droite, il ne lui reste que Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem et la promotion Voltaire.

François Hollande a souvent été un stratège par défaut et un tacticien guidé par les circonstances. En chef de parti, il a passé son temps à recoller les morceaux d’un parti socialiste éclaté en courants. Sa longévité montre qu’il sut y trouver un petit bonheur. Il en tirait alors les honneurs qu’on voulait bien lui laisser.

Derrière sa décision d’être candidat à la primaire socialiste de 2012 – peut-être son seul acte de verticalitée pensé et conduit de manière programmée dans la solitude d’une destin affirmé -, il y a le bol faramineux du concours de loterie  extravagant qui l’a vu sortir du lot de socialiste pour aller défier Nicolas Sarkozy. La suite a prouvé qu’il n’était pas taillé pour la fonction. Les françaises et les français pouvaient-ils en douter ? D’inexpériences en maladresses, de renoncements en louvoiements, François Hollande que la chance a définitivement largué le 7 mai 2012, n’a plus qu’une valse hésitation dans sa manche ; être ou ne pas être candidat en 2017 ? Et pour quoi faire ? Son bilan est indéfendable ; son renoncement semble impossible. Il invoquera le trop plein pour tenter d'incarner l'essentiel et dominer enfin tous ceux, comme Emmanuel Macron, qui le dénigrent.

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17 juillet 2016

Propos de Hollande et les siens rapportés par le JDD

Il faut se méfier de FH jusqu'au bout. C'est un politicien habile et retors. L'exercice de la plus haute responsabilité publique n'a pas changé son état d'esprit. Le tragique de l'histoire n'a pas transformé son approche du combat politique. Ses réflexes, conditionnés par la force de l'habitude, le ramènent à des comportements qui bien que désuets peuvent produire leur effet.

Il a naturellement beau jeu de dénoncer la récupération politique des attentats de la part de la droite. L'esprit du 11 janvier a fait long feu. Certains propos excessifs des candidats à la primaire de la droite et du centre, en dehors de toute raison, lui facilitent la tâche. Insipide et inconstant, Alain Juppé s'enflamme et succombe à l'outrance des propos de campagne. Mais insidieusement, FH va plus loin. Â ce débat sur l'efficacité de l'action publique qui s'anime à la perspective de l'élection présidentielle, il déplace le sujet et renvoie aux valeurs. Ainsi, au-delà du terrorisme, de ses dangers et du climat de peur qu'il instille dans la société pour mieux la déstabiliser et la détruire, il y aurait pire. Celles et ceux qui, pour tenter d'éradiquer ce péril, seraient prêts à rogner les valeurs de l'Etat de droit ; comme un vieux retour du débat politique manichéen qui réparti l'ordre et la liberté en deux camps bien distincts. Il y aurait pour FH, ses affidés - pour le peu
qu'il en reste - et les forces de gauches rétives aux réalités de l'économie mondialisée, le ciment des valeurs républicaines que la droite menacerait d'annihiler : "ils veulent en finir avec le droit" ; "Leur ligne, c'est mieux vaut perdre l'Etat de droit plutôt que de perdre la vie". Â chacun sa récupération.

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16 juillet 2016

Attentat de Nice : une réponse aux appels de Daech

84 victimes de plus; 84 héros de plus, sentinelles anonymes de la France, tombées dans l'innocence d'un jour de fête nationale, de concorde et de liesse! Derrière eux et leurs familles endeuillées, avec les blessés en souffrance, nous sommes tous touchés, frappés! Pensées et compassion, c'est le moins!
Et c'est la reconduction d'un état d'urgence que, le jour même, le PR voulait révolu! Il veut aussi intensifier le combat de la France contre Daech. Là est la responsabilité des autorités françaises : ne pas avoir pris la mesure de l'organisation totalitaire et son expansionnisme en Syrie. Elles ont tergiversé trop longtemps sur la priorité d'une lutte implacable contre cet ennemi qui nous infeste en jouant des faiblesses et des fractures de nos sociétés occidentales!

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01 juillet 2016

Et si les britanniques revotaient ?!

Pour l’Union européenne, le Brexit n’apprend rien. Il ne fait que confirmer la crise du projet communautaire, l’incurie bruxelloise dispendieuse avec son aéropage de Commissaires lestés d’armées de technocrates déracinés qui incarnent l’écart grandissant entre une élite cosmopolite et des peuples inquiets de vivre une crise à perpétuité à tel point qu’ils pensent préférable d’affronter la globalisation par le replis sur soi. Qu’ils aient tort, c’est une autres histoire tant le ressentiment est profond. La dislocation de l’Europe ne viendra pas du Brexit.

Fort de ce constat qui perdure depuis plus d’une décennie, les Britanniques en ont profité pour régler leurs querelles politiciennes sur le dos de l’Europe. Et c’est à ceux qui restent de refonder le modèle européen en démontrant l’évidence d’une communauté de destin. Nous serons toujours plus forts à 28, ensemble, pour affronter les turbulences du monde que chaque Nation établie dans un isolement satisfaisant à peu d’égards. Comme quoi des évidences sont parfois difficilement acceptables a fortiori lorsque les dirigeants sont incapables d’instaurer un leadership afin de s’élever au niveau d’exigence qui permet de convaincre et d’entrainer sur l’essentiel : la survie de l’identité européenne, la paix et la prospérité de notre communauté humaine ; autant de promesses longtemps annoncées et jamais vraiment tenues.

Sauf à être un révélateur de plus, le Brexit est effectivement loin de ce constat lénifiant. En cela, il interpelle davantage le Royaume-Uni sur ce qu’il est et ce qu’il veut.

Il aura fallu peu de temps pour montrer que la victoire du « leave » plonge les britanniques dans un abîme de perplexité. A l’évidence, le camp vainqueur n’était pas prêt aux conséquences qu’emportait son discours vindicatif et provocateur. 48 heures après le scrutin, c’était l’heure des renoncements. Une fois retirée, l’exubérance des propos de campagne laisse découvrir l’incroyable complexité d’une procédure de retrait mise en forme juridique par l’article 50 du Traité de Lisbonne - compte à rebours de deux ans pour sortir de l'UE. Mais le droit n’est pas tout…. De là à lui donner une traduction politique et envisager les futures relations entre les îles britanniques et le vieux continent, on voit que les nuages s’amoncellent sur la Perfide Albion.

Tout d’abord, on y revient, les nonistes tremblent sur leurs bases. Le camp hétéroclite du « leave » n’a pas mis longtemps à se dissoudre. Très en pointe pendant la campagne, l’UKIP ne pèsera plus sur la suite des événements. Son leader, Nigel Faradge a eu son heure de gloire au Parlement européen lorsque le Président de la Commission européenne l’a apostrophé pour s’étonner de le voir encore siéger dans l’hémicycle. Le résultat du référendum engendre par ailleurs une large fracture dans les deux partis de gouvernement. Si les conservateurs doivent se trouver un nouveau leader dans un exercice où les petits meurtres entre amis rajoutent du sel sur la plaie, le Labour devrait également en profiter pour rebattre les cartes en son sein et faire un sort à Jeremy Corbin, égaré depuis moins d’un an à la tête du parti. De part et d’autre, entre Tories et travaillistes, on est parti pour s’écharper. Sur fond de trahison et de compromissions douteuses, la guerre sera cruelle. Elle va surtout geler la situation vis-à-vis de l’UE faire durer un état de latence imposé par la démission du Premier Ministre et renvoyer à plus tard les modalités du retrait.

Sur le front économique, l’Angleterre va faire face à un choc d’incertitude ; la livre sterling trébuche et le monde des affaires largement anti Brexit va devoir résister à des vents mauvais. Même Valérie Pécresse qui ne doute de rien, s’active pour rapatrier la finance de Wall Street à la Défense. Etonnante situation alors que les britanniques ont largement façonné l’Europe du libre-échange. Tourner le dos au grand marché devrait se payer.

Mais le referendum fragilise un peu plus le royaume britannique dans son unité. Il réactive les velléités indépendantistes. La Première ministre d’Ecosse est allée faire la bise à Jean-Claude Juncker, trop heureux de montrer que pour certaines, il a encore du sex-appeal. Les Irlandais du Nord sont aussi dans l’expectative. Ils regardent de l’autre côté de leur frontière. La réunification est une question qui plane de plus en plus bas. Sans parler de Gibraltar – 95% du vote « Remain » - que dire de Londres, ville monde, qui a voté largement pour le « In » ? Demandez à la colonie française ce qu’elle en pense.

Tous ces éléments montrent l’inanité d’un retrait de la Grande-Bretagne dans son propre intérêt, ce d’autant qu’elle au final beaucoup bénéficié de l’Union sans s’associer aux principales mesures à portée fédérale tels que l’euro ou Schengen, ce qui fait dire à l’avisé Valéry Giscard d’Estaing qu’elle « n’est pas sortie de grand-chose ».  C’est ainsi, entre autre, que sa frontière se situe à Calais. On souhaite bonne chance aux dirigeants français qui le moment venu, devront renégocier les accords du Touquet.

Face à ce constat délétère, la Grande Bretagne a droit à une seconde chance.

L’idée d’un second referendum ne serait ni ridicule ni infamante. Une pétition demandant un nouveau vote recueille quatre millions de signatures. Elle va officiellement être considérée pour un débat à la chambre des communes. A moins qu’il  confirme  le « out » auquel cas il n’y aurait pas de regret à avoir, le double referendum serait de nature à prévenir la caractère émotionnel de ce genre de scrutin dont on sait bien qu’il sert à répondre à autre chose qu’à la question posée. Les britanniques se sont laissés entrainés dans un jeu politicien malsain ourdi par David Cameron. Il s’était engagé sur un referendum uniquement pour gagner les élections législatives et conserver le pouvoir. Le piège qu’il a voulu tendre à ses adversaires europhobes au sein du parti conservateur s’est refermé sur eux.

Les britanniques devraient pouvoir exercer pleinement leur pragmatisme légendaire et s’interroger à nouveau sur ce qu’ils veulent vraiment, dans quel sens ils veulent faire l’histoire et avec qui. En cas de confirmation du Brexit, la cause sera entendue ; l’île sortira du doute pour retrouver son splendide isolement. En cas d’inversion du vote, nous accueillerions avec satisfaction, légèreté et félicité ce retournement des anglais qu’on admire tant mais qui nous e…… pas mal.

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15 novembre 2015

Au delà de la compassion, la place de la politique

D'accord pour mettre des bougies à sa fenêtre, pour floquer sa page fb en tricolore, pour être Charlie et dire "même pas peur"! Il y a aussi l'effroi, la douleur et l'épreuve. Mais à un moment, il faut quand même donner une explication politique ; on aimerait interpeller nos politiques sur le sens de leur stratégie diplomatique, élément fort de cette guerre qui s'insinue gravement dans les interstices poreux de notre République marcescente lentement arrachée, en souffrance, aux racines chrétiennes de cette vieille Europe.

Depuis 2011, nos gouvernants n'ont qu'une obsession, fussent-ils les seuls à la défendre ; en finir avec Bachar Al Assad au nom de cette idée, belle mais fausse, du "printemps arabe" et sa théorie des dominos. Apres la Tunisie de Ben Ali, l'Egypte de Moubarak et la Libye de Kadhafi, le tour de la Syrie serait venu. Nos Gouvernements se sont complaisamment fourvoyés dans cette idée et la responsabilité de notre Ministre des Affaires Étrangères est lourde, lui qui s'est trop souvent évertué à justifié son action par le départ du potentat syrien et qui encore le 02 octobre dernier déclarait : « S’allier avec Bachar Al-Assad serait une impasse ». On ne lui en demande pas tant, mais dans un déni coupable et mal évalué, il a, avec le Président de la République, refusé de hiérarchiser les périls, préférant rester ferme sur des principes éculés et laisser aveuglement prospérer Daech ; coupable erreur de notre diplomatie qui se veut "économique" en multipliant les contrats d'armement et de sécurité civile avec les pays qui inspirent et financent l'islamisme radical. La France a préféré commercer avec l'Arabie Saoudite et le Qatar, voire à la France - qu'ils gardent le PSG -, ceux là-mêmes qui propagent une idéologie de haine à l'encontre de l'Occident.

Nos gouvernants ont persisté dans cette stratégie. Ils n'ont pas voulu voir les évolutions qui conduisent à l'isolement de la France dans le concert des Nations retrouvé - l'ONU ne peut pas tout -, notamment quand il s'est agi d'y réintégrer judicieusement l'Iran, puissance d'influence. Résultat de cette stratégie ; notre pays est hors du jeu. Elle n'est plus invitée à la table des discussions. Ainsi, la recherche d'une solution à la question syrienne s'esquisse sans elle. Lorsque, le 29 octobre dernier, les ministres des affaires étrangères des Etats-Unis, de la Russie, de la Turquie et de l'Arabie Saoudite se réunissent, Laurent Fabius n'est pas invité... Il était présent à la réunion d'hier.

La Turquie, parlons-en! Cet Etat est central dans les relations entre l'Europe et le Moyen-Orient. A cet titre, il n'est pas dénué d'ambiguïtés sur la question syrienne. Comme d'autres pays qui placent la religion musulmane au plus haut des préceptes politiques, la Turquie joue d'une influence pernicieuse jusque dans notre République laïque. On sait que l'islam en France est financé, géré et animé par des puissances étrangères qui dans une répartition bien comprises entre elles, font des mosquées de nos villes des lieux d'influence en s'appuyant sur la relégation sociale de certains jeunes français en mal de repères. Que penser alors du President Turc qui est capable, lors de sa campagne électorale de tenir meeting à Strasbourg, le dimanche 4 octobre en faisant converger plus de 12 000 personnes dans la capitale alsacienne. Au delà du discours qui n'évoquera jamais Daech mais la lutte contre la guérilla du PKK, l'opération, en termes d'organisation et d'influence, atteste d'une certaines efficacité dans l'animation d'un réseau associatif et cultuel tissé en France, en Allemagne et dans les autres pays limitrophes.

A l'heure de son bilan, François Hollande souhaite convoquer les chiffres du chômage ; il n'y aura pas que cet échec mais aussi celui d'une diplomatie au Moyen-Orient ; une stratégie confuse et décalée par rapport aux évolutions des rapports de forces internationaux du fait d'un dogmatisme qui concoure fortement à l'état de guerre dans lequel nous sommes désormais plongé.

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08 novembre 2015

L'idéal européen tué par ceux là mêmes qui devraient l'incarner


Cet article est à pleurer! Il raconte l'échec terrible de l'idéal européen par ceux-là mêmes qui sont censés l'incarner. L'alliance objective entre le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique pour favoriser à leur profit, et aux détriments des autres États membres de l'Union européenne, des régimes fiscaux favorables à des firmes multinationales, révèlent la compétition déloyale de Nations qu'on annonçaient solidaires et unitaires. Or, depuis 35 ans les politiques communautaires européennes n'ont pas conduit à la puissance et la prospérité qu'elles prétendaient atteindre; c'est un fait qui fait mal, d'abord, aux européens! Mais cet article va plus loin dans l'amertume. L'histoire qu'il rapporte - grandement aidé par le scandale LuxLeaks - c'est aussi l'impunité totale et sidérante d'une élite, si fortement armée de prébendes et d'influence qu'elle parvient à s'exonérer de toute responsabilité. Hors d'atteinte de toute sanction politique, elle continue à diriger un projet et un idéal européen de plus en plus funeste. Cette élite est magnifiquement représentée par Jean-Claude Juncker qui fut Premier Ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013 ; 18 ans de règne à la tête d'un micro-Etat qui ont du lui permettre de prendre une part active et consciencieuse à l'élaboration et la préservation de ces régimes de taxations opaques au détriment des autres États de l'Union. Ca ne l'aura pas empêché d'être élu, il y a un an, Président de la Commission européenne...

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06 octobre 2015

À la traîne

Si Francois Hollande a découvert en 2013 que Bachar Al Assad était un tyran, preuve est une nouvelle fois apportée qu'il était bien mal préparé dans le domaine réservé à la fonction présidentielle. La diplomatie a un train de retard. Elle pense que le printemps arabe suit son cours et que l'effet domino fonctionne encore pour mettre à bas les dictateurs du pourtour méditerranéen.

Dans l'échelle des périls, il faut savoir graduer les risques. On est atterré de découvrir qu'au titre d'une coalition fantoche, les forces françaises seraient autorisées à frapper en Irak,..... mais pas en Syrie. Et qu'il leur faille plusieurs mois pour observer le terrain avant de procéder à des bombardements ciblés. Daesh et l'aréopage de milices islamistes s'affranchissent bien des frontières Sykes-Picot. Pourquoi pas nous ?

La focalisation médiatique sur les migrants, et la situation tout aussi dramatique des déplacés, chassés par les combats sont la plus belle preuve de la visée expansionniste de Daesh qui gagne du terrain et voit ses velléités satisfaites. C'est également l'aveu de notre faiblesse et de notre désertion.

Il y a urgence à mettre Daesh hors d'état de nuire et avec lui cette mouvance radicale islamiste qui gangrène nos sociétés. Plus on attend, plus ce sera long et rude. Notre Ministre de la Défense parle lui-même de "légitime défense de la France en Syrie". Alors? Face à cet objectif qui ne peut attendre, Bachar Al Assad est utile et nécessaire. Il sera temps, le moment venu, d'envisager son départ et l'avenir de la Syrie. Le processus de transition doit s'appréhender une fois Daesh éradiqué ou neutralisé. Contrairement à ce que dit notre Président, il faut séquencer les problèmes et donner la priorité à la lutte contre le terrorisme international. Faut-il que nous soyons si peu clairvoyants, sous l'emprise d'influences parallèles ou en état d'incapacité totale à réagir pour se faire rappeler à la raison par les Russes. Et qu'importe les intentions réelles de Vladimir Poutine en Syrie. Elles suscitent des interprétations stériles tant elles sont diverses et antagoniques. Objectivement, Occidentaux et Russes ont pour adversaire commun "l'Etat Islamique". Laurent Fabius peut bien vendre ce qu'il veut aux Saoudiens et vanter la diplomatie économique quand bien même sa posture rend triquart nos entreprises en Iran. A un moment, il faut ouvrir les yeux sur les mouvements et processus géopolitiques qui se cristallisent pour donner trouble et chaos pendant des décennies. Nous sommes à la traîne!

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01 mars 2015

Si tu vas à Damas...

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Marrant de voir comment quatre « gugusses », un quarteron de parlementaires, peuvent soudain amener à revisiter l’action diplomatique de la France à l’égard de la Syrie où ce joue un conflit à haut risque. Après le débat politique de ces derniers jours – le Premier ministre a parlé de « faute morale », il fallait entendre ce matin un autre quatuor vitupérer et agonir d’injures ces pauvres bougres partis rencontrer Bachar Al Assad comme on se lèverait de bon matin pour aller déjeuner avec le diable.

Cette critique en chambre, provenant d’intellectuels importants, apparait un peu sommaire. Elle cache l’aveuglement dangereux d’une diplomatie sans repères ni boussole, ballotée au creux des événements qui agitent le Proche et Moyen-Orient sinon depuis la 2ème guerre d’Irak, du moins depuis les printemps arabes, il y a quatre ans. Les révolutions de palais, en Tunisie, en Egypte, en Libye ont tourneboulé les chancelleries occidentales. Bachar Al-Assad devait être le prochain des potentats locaux à céder la place. Peine perdue ; cette conjecture n’a toujours pas eu lieu et si tout le monde dit que l’avenir de la Syrie se fera sans lui, il est toujours là. L’autocrate sanguinaire joue d’une habileté diabolique pour se maintenir au milieu du chaos. Cette résistance, pour immonde qu’elle paraisse, oblige à revoir l’échelle des périls dans la région. Aujourd’hui, la menace vient moins de Bachar Al-Assad et de ce qu’il reste de l’Etat syrien que du radicalisme islamique et terroriste à l’abri duquel l’ébauche d’un califat se forme.  L’assertion de nos commentateurs du dimanche comme quoi Daech serait la créature du maître de Damas est un peu courte. Elle mériterait d’être étayée. Quand bien même, on peut compter sur le Président syrien pour profiter du chaos qui règne dans son pays, jouer des divisions entre les factions islamistes belliqueuses et en faire des diversions pour cacher ses propres turpitudes, il faut revenir aux fondements du conflit qui embrase la région issu du duel à mort entre chiites et sunnites. A l’aune de cette rivalité, on connait le camp du dictateur syrien. Il prétend combattre le "terrorisme sunnite" depuis 2011.

Comme beaucoup, nos parlementaires en goguette, qui ce faisant ont très certainement bénéficié d’un accompagnement autorisé et d'une escorte zélée, ont sans doute fait le constat amère que la guerre civile syrienne, quatre ans après de lourds combats et un atroce bilan – 210 000 morts, 4 millions d’exilés -, est au point mort. Tirer cette sombre statistique et s’apitoyer des terribles conséquences humanitaires ne fait pas une politique alternative. Les deux médiations internationales à Genève, en 2012 et 2014 n’ont rien donné. L’idée funeste d’une intervention militaire a fait long feu, de même que la parade russe en début d’année sous la forme d’une conférence internationale improbable sur la Syrie.

Entre temps, Daech, organisation barbare innommable et surtout pas du nom d'un Etat, s’est imposé avec son idéal de haine, sa doctrine suicidaire et ses relents génocidaires ; vu ce qu’ils font et ce qu’ils sont, ce sont ses combattants et son endoctrinement qui représentent la première menace, à la fois sur le Proche-Orient avec la velléité d’instaurer un califat telle une autorité d’un autre temps, mais également jusque dans nos société au sein desquelles de jeunes en mal être sont incités à aller se perdre dans le jihad. Ce qui était un sujet de politique étrangère est devenu une question de sécurité intérieure.

Dans ce monde en guerre où les événements se succèdent à grande vitesse avec des effets contraires dont le caractère imprévisible contraint la communauté internationale aux atermoiements et à l’indécision, le politique doit savoir opérer des retournements stratégiques. Les changements de pieds sont parfois scabreux. Ils permettent néanmoins de répondre aux urgences de situations anarchiques que l’ordre mondial ne sait pas calmer. Il faut alors que l’empirisme dans la conscience qu’une hiérarchie des menaces oblige à des renoncements. Laurent Fabius, semble avoir compris la nécessité d’une inflexion. Notre Ministre des Affaires Etrangères ne cesse de mettre en garde contre un effondrement total de l’Etat en Syrie qui conduirait à la situation incontrôlable que connait l’Irak. On retrouve bien l’échelle des dangers. Même, s’il est, à juste titre sévère à l’égard de Président Syrien dans une récente tribune donnée au Monde et cosigné avec son homologue britannique, il entrouvre une porte: «Pour notre propre sécurité nationale, nous devons venir à bout de Daech en Syrie. Nous avons besoin d’un partenaire pour agir contre les extrémistes, donc d’un règlement politique négocié entre les différentes parties syriennes et conduisant à un gouvernement d’unité. »  Et s’il ne s’agit pas pour lui de faire le chemin de Damas, peut-il trouver opportun que des factotums fassent inconsidérément le déplacement, ne serait-ce que « pour voir ce qui se passe, entendre, écouter ».

Posté par gtab à 23:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]