l'éternité plus un jour

17 juillet 2016

Propos de Hollande et les siens rapportés par le JDD

Il faut se méfier de FH jusqu'au bout. C'est un politicien habile et retors. L'exercice de la plus haute responsabilité publique n'a pas changé son état d'esprit. Le tragique de l'histoire n'a pas transformé son approche du combat politique. Ses réflexes, conditionnés par la force de l'habitude, le ramènent à des comportements qui bien que désuets peuvent produire leur effet.

Il a naturellement beau jeu de dénoncer la récupération politique des attentats de la part de la droite. L'esprit du 11 janvier a fait long feu. Certains propos excessifs des candidats à la primaire de la droite et du centre, en dehors de toute raison, lui facilitent la tâche. Insipide et inconstant, Alain Juppé s'enflamme et succombe à l'outrance des propos de campagne. Mais insidieusement, FH va plus loin. Â ce débat sur l'efficacité de l'action publique qui s'anime à la perspective de l'élection présidentielle, il déplace le sujet et renvoie aux valeurs. Ainsi, au-delà du terrorisme, de ses dangers et du climat de peur qu'il instille dans la société pour mieux la déstabiliser et la détruire, il y aurait pire. Celles et ceux qui, pour tenter d'éradiquer ce péril, seraient prêts à rogner les valeurs de l'Etat de droit ; comme un vieux retour du débat politique manichéen qui réparti l'ordre et la liberté en deux camps bien distincts. Il y aurait pour FH, ses affidés - pour le peu
qu'il en reste - et les forces de gauches rétives aux réalités de l'économie mondialisée, le ciment des valeurs républicaines que la droite menacerait d'annihiler : "ils veulent en finir avec le droit" ; "Leur ligne, c'est mieux vaut perdre l'Etat de droit plutôt que de perdre la vie". Â chacun sa récupération.

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16 juillet 2016

Attentat de Nice : une réponse aux appels de Daech

84 victimes de plus; 84 héros de plus, sentinelles anonymes de la France, tombées dans l'innocence d'un jour de fête nationale, de concorde et de liesse! Derrière eux et leurs familles endeuillées, avec les blessés en souffrance, nous sommes tous touchés, frappés! Pensées et compassion, c'est le moins!
Et c'est la reconduction d'un état d'urgence que, le jour même, le PR voulait révolu! Il veut aussi intensifier le combat de la France contre Daech. Là est la responsabilité des autorités françaises : ne pas avoir pris la mesure de l'organisation totalitaire et son expansionnisme en Syrie. Elles ont tergiversé trop longtemps sur la priorité d'une lutte implacable contre cet ennemi qui nous infeste en jouant des faiblesses et des fractures de nos sociétés occidentales!

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01 juillet 2016

Et si les britanniques revotaient ?!

Pour l’Union européenne, le Brexit n’apprend rien. Il ne fait que confirmer la crise du projet communautaire, l’incurie bruxelloise dispendieuse avec son aéropage de Commissaires lestés d’armées de technocrates déracinés qui incarnent l’écart grandissant entre une élite cosmopolite et des peuples inquiets de vivre une crise à perpétuité à tel point qu’ils pensent préférable d’affronter la globalisation par le replis sur soi. Qu’ils aient tort, c’est une autres histoire tant le ressentiment est profond. La dislocation de l’Europe ne viendra pas du Brexit.

Fort de ce constat qui perdure depuis plus d’une décennie, les Britanniques en ont profité pour régler leurs querelles politiciennes sur le dos de l’Europe. Et c’est à ceux qui restent de refonder le modèle européen en démontrant l’évidence d’une communauté de destin. Nous serons toujours plus forts à 28, ensemble, pour affronter les turbulences du monde que chaque Nation établie dans un isolement satisfaisant à peu d’égards. Comme quoi des évidences sont parfois difficilement acceptables a fortiori lorsque les dirigeants sont incapables d’instaurer un leadership afin de s’élever au niveau d’exigence qui permet de convaincre et d’entrainer sur l’essentiel : la survie de l’identité européenne, la paix et la prospérité de notre communauté humaine ; autant de promesses longtemps annoncées et jamais vraiment tenues.

Sauf à être un révélateur de plus, le Brexit est effectivement loin de ce constat lénifiant. En cela, il interpelle davantage le Royaume-Uni sur ce qu’il est et ce qu’il veut.

Il aura fallu peu de temps pour montrer que la victoire du « leave » plonge les britanniques dans un abîme de perplexité. A l’évidence, le camp vainqueur n’était pas prêt aux conséquences qu’emportait son discours vindicatif et provocateur. 48 heures après le scrutin, c’était l’heure des renoncements. Une fois retirée, l’exubérance des propos de campagne laisse découvrir l’incroyable complexité d’une procédure de retrait mise en forme juridique par l’article 50 du Traité de Lisbonne - compte à rebours de deux ans pour sortir de l'UE. Mais le droit n’est pas tout…. De là à lui donner une traduction politique et envisager les futures relations entre les îles britanniques et le vieux continent, on voit que les nuages s’amoncellent sur la Perfide Albion.

Tout d’abord, on y revient, les nonistes tremblent sur leurs bases. Le camp hétéroclite du « leave » n’a pas mis longtemps à se dissoudre. Très en pointe pendant la campagne, l’UKIP ne pèsera plus sur la suite des événements. Son leader, Nigel Faradge a eu son heure de gloire au Parlement européen lorsque le Président de la Commission européenne l’a apostrophé pour s’étonner de le voir encore siéger dans l’hémicycle. Le résultat du référendum engendre par ailleurs une large fracture dans les deux partis de gouvernement. Si les conservateurs doivent se trouver un nouveau leader dans un exercice où les petits meurtres entre amis rajoutent du sel sur la plaie, le Labour devrait également en profiter pour rebattre les cartes en son sein et faire un sort à Jeremy Corbin, égaré depuis moins d’un an à la tête du parti. De part et d’autre, entre Tories et travaillistes, on est parti pour s’écharper. Sur fond de trahison et de compromissions douteuses, la guerre sera cruelle. Elle va surtout geler la situation vis-à-vis de l’UE faire durer un état de latence imposé par la démission du Premier Ministre et renvoyer à plus tard les modalités du retrait.

Sur le front économique, l’Angleterre va faire face à un choc d’incertitude ; la livre sterling trébuche et le monde des affaires largement anti Brexit va devoir résister à des vents mauvais. Même Valérie Pécresse qui ne doute de rien, s’active pour rapatrier la finance de Wall Street à la Défense. Etonnante situation alors que les britanniques ont largement façonné l’Europe du libre-échange. Tourner le dos au grand marché devrait se payer.

Mais le referendum fragilise un peu plus le royaume britannique dans son unité. Il réactive les velléités indépendantistes. La Première ministre d’Ecosse est allée faire la bise à Jean-Claude Juncker, trop heureux de montrer que pour certaines, il a encore du sex-appeal. Les Irlandais du Nord sont aussi dans l’expectative. Ils regardent de l’autre côté de leur frontière. La réunification est une question qui plane de plus en plus bas. Sans parler de Gibraltar – 95% du vote « Remain » - que dire de Londres, ville monde, qui a voté largement pour le « In » ? Demandez à la colonie française ce qu’elle en pense.

Tous ces éléments montrent l’inanité d’un retrait de la Grande-Bretagne dans son propre intérêt, ce d’autant qu’elle au final beaucoup bénéficié de l’Union sans s’associer aux principales mesures à portée fédérale tels que l’euro ou Schengen, ce qui fait dire à l’avisé Valéry Giscard d’Estaing qu’elle « n’est pas sortie de grand-chose ».  C’est ainsi, entre autre, que sa frontière se situe à Calais. On souhaite bonne chance aux dirigeants français qui le moment venu, devront renégocier les accords du Touquet.

Face à ce constat délétère, la Grande Bretagne a droit à une seconde chance.

L’idée d’un second referendum ne serait ni ridicule ni infamante. Une pétition demandant un nouveau vote recueille quatre millions de signatures. Elle va officiellement être considérée pour un débat à la chambre des communes. A moins qu’il  confirme  le « out » auquel cas il n’y aurait pas de regret à avoir, le double referendum serait de nature à prévenir la caractère émotionnel de ce genre de scrutin dont on sait bien qu’il sert à répondre à autre chose qu’à la question posée. Les britanniques se sont laissés entrainés dans un jeu politicien malsain ourdi par David Cameron. Il s’était engagé sur un referendum uniquement pour gagner les élections législatives et conserver le pouvoir. Le piège qu’il a voulu tendre à ses adversaires europhobes au sein du parti conservateur s’est refermé sur eux.

Les britanniques devraient pouvoir exercer pleinement leur pragmatisme légendaire et s’interroger à nouveau sur ce qu’ils veulent vraiment, dans quel sens ils veulent faire l’histoire et avec qui. En cas de confirmation du Brexit, la cause sera entendue ; l’île sortira du doute pour retrouver son splendide isolement. En cas d’inversion du vote, nous accueillerions avec satisfaction, légèreté et félicité ce retournement des anglais qu’on admire tant mais qui nous e…… pas mal.

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15 novembre 2015

Au delà de la compassion, la place de la politique

D'accord pour mettre des bougies à sa fenêtre, pour floquer sa page fb en tricolore, pour être Charlie et dire "même pas peur"! Il y a aussi l'effroi, la douleur et l'épreuve. Mais à un moment, il faut quand même donner une explication politique ; on aimerait interpeller nos politiques sur le sens de leur stratégie diplomatique, élément fort de cette guerre qui s'insinue gravement dans les interstices poreux de notre République marcescente lentement arrachée, en souffrance, aux racines chrétiennes de cette vieille Europe.

Depuis 2011, nos gouvernants n'ont qu'une obsession, fussent-ils les seuls à la défendre ; en finir avec Bachar Al Assad au nom de cette idée, belle mais fausse, du "printemps arabe" et sa théorie des dominos. Apres la Tunisie de Ben Ali, l'Egypte de Moubarak et la Libye de Kadhafi, le tour de la Syrie serait venu. Nos Gouvernements se sont complaisamment fourvoyés dans cette idée et la responsabilité de notre Ministre des Affaires Étrangères est lourde, lui qui s'est trop souvent évertué à justifié son action par le départ du potentat syrien et qui encore le 02 octobre dernier déclarait : « S’allier avec Bachar Al-Assad serait une impasse ». On ne lui en demande pas tant, mais dans un déni coupable et mal évalué, il a, avec le Président de la République, refusé de hiérarchiser les périls, préférant rester ferme sur des principes éculés et laisser aveuglement prospérer Daech ; coupable erreur de notre diplomatie qui se veut "économique" en multipliant les contrats d'armement et de sécurité civile avec les pays qui inspirent et financent l'islamisme radical. La France a préféré commercer avec l'Arabie Saoudite et le Qatar, voire à la France - qu'ils gardent le PSG -, ceux là-mêmes qui propagent une idéologie de haine à l'encontre de l'Occident.

Nos gouvernants ont persisté dans cette stratégie. Ils n'ont pas voulu voir les évolutions qui conduisent à l'isolement de la France dans le concert des Nations retrouvé - l'ONU ne peut pas tout -, notamment quand il s'est agi d'y réintégrer judicieusement l'Iran, puissance d'influence. Résultat de cette stratégie ; notre pays est hors du jeu. Elle n'est plus invitée à la table des discussions. Ainsi, la recherche d'une solution à la question syrienne s'esquisse sans elle. Lorsque, le 29 octobre dernier, les ministres des affaires étrangères des Etats-Unis, de la Russie, de la Turquie et de l'Arabie Saoudite se réunissent, Laurent Fabius n'est pas invité... Il était présent à la réunion d'hier.

La Turquie, parlons-en! Cet Etat est central dans les relations entre l'Europe et le Moyen-Orient. A cet titre, il n'est pas dénué d'ambiguïtés sur la question syrienne. Comme d'autres pays qui placent la religion musulmane au plus haut des préceptes politiques, la Turquie joue d'une influence pernicieuse jusque dans notre République laïque. On sait que l'islam en France est financé, géré et animé par des puissances étrangères qui dans une répartition bien comprises entre elles, font des mosquées de nos villes des lieux d'influence en s'appuyant sur la relégation sociale de certains jeunes français en mal de repères. Que penser alors du President Turc qui est capable, lors de sa campagne électorale de tenir meeting à Strasbourg, le dimanche 4 octobre en faisant converger plus de 12 000 personnes dans la capitale alsacienne. Au delà du discours qui n'évoquera jamais Daech mais la lutte contre la guérilla du PKK, l'opération, en termes d'organisation et d'influence, atteste d'une certaines efficacité dans l'animation d'un réseau associatif et cultuel tissé en France, en Allemagne et dans les autres pays limitrophes.

A l'heure de son bilan, François Hollande souhaite convoquer les chiffres du chômage ; il n'y aura pas que cet échec mais aussi celui d'une diplomatie au Moyen-Orient ; une stratégie confuse et décalée par rapport aux évolutions des rapports de forces internationaux du fait d'un dogmatisme qui concoure fortement à l'état de guerre dans lequel nous sommes désormais plongé.

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08 novembre 2015

L'idéal européen tué par ceux là mêmes qui devraient l'incarner


Cet article est à pleurer! Il raconte l'échec terrible de l'idéal européen par ceux-là mêmes qui sont censés l'incarner. L'alliance objective entre le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique pour favoriser à leur profit, et aux détriments des autres États membres de l'Union européenne, des régimes fiscaux favorables à des firmes multinationales, révèlent la compétition déloyale de Nations qu'on annonçaient solidaires et unitaires. Or, depuis 35 ans les politiques communautaires européennes n'ont pas conduit à la puissance et la prospérité qu'elles prétendaient atteindre; c'est un fait qui fait mal, d'abord, aux européens! Mais cet article va plus loin dans l'amertume. L'histoire qu'il rapporte - grandement aidé par le scandale LuxLeaks - c'est aussi l'impunité totale et sidérante d'une élite, si fortement armée de prébendes et d'influence qu'elle parvient à s'exonérer de toute responsabilité. Hors d'atteinte de toute sanction politique, elle continue à diriger un projet et un idéal européen de plus en plus funeste. Cette élite est magnifiquement représentée par Jean-Claude Juncker qui fut Premier Ministre du Luxembourg entre 1995 et 2013 ; 18 ans de règne à la tête d'un micro-Etat qui ont du lui permettre de prendre une part active et consciencieuse à l'élaboration et la préservation de ces régimes de taxations opaques au détriment des autres États de l'Union. Ca ne l'aura pas empêché d'être élu, il y a un an, Président de la Commission européenne...

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06 octobre 2015

À la traîne

Si Francois Hollande a découvert en 2013 que Bachar Al Assad était un tyran, preuve est une nouvelle fois apportée qu'il était bien mal préparé dans le domaine réservé à la fonction présidentielle. La diplomatie a un train de retard. Elle pense que le printemps arabe suit son cours et que l'effet domino fonctionne encore pour mettre à bas les dictateurs du pourtour méditerranéen.

Dans l'échelle des périls, il faut savoir graduer les risques. On est atterré de découvrir qu'au titre d'une coalition fantoche, les forces françaises seraient autorisées à frapper en Irak,..... mais pas en Syrie. Et qu'il leur faille plusieurs mois pour observer le terrain avant de procéder à des bombardements ciblés. Daesh et l'aréopage de milices islamistes s'affranchissent bien des frontières Sykes-Picot. Pourquoi pas nous ?

La focalisation médiatique sur les migrants, et la situation tout aussi dramatique des déplacés, chassés par les combats sont la plus belle preuve de la visée expansionniste de Daesh qui gagne du terrain et voit ses velléités satisfaites. C'est également l'aveu de notre faiblesse et de notre désertion.

Il y a urgence à mettre Daesh hors d'état de nuire et avec lui cette mouvance radicale islamiste qui gangrène nos sociétés. Plus on attend, plus ce sera long et rude. Notre Ministre de la Défense parle lui-même de "légitime défense de la France en Syrie". Alors? Face à cet objectif qui ne peut attendre, Bachar Al Assad est utile et nécessaire. Il sera temps, le moment venu, d'envisager son départ et l'avenir de la Syrie. Le processus de transition doit s'appréhender une fois Daesh éradiqué ou neutralisé. Contrairement à ce que dit notre Président, il faut séquencer les problèmes et donner la priorité à la lutte contre le terrorisme international. Faut-il que nous soyons si peu clairvoyants, sous l'emprise d'influences parallèles ou en état d'incapacité totale à réagir pour se faire rappeler à la raison par les Russes. Et qu'importe les intentions réelles de Vladimir Poutine en Syrie. Elles suscitent des interprétations stériles tant elles sont diverses et antagoniques. Objectivement, Occidentaux et Russes ont pour adversaire commun "l'Etat Islamique". Laurent Fabius peut bien vendre ce qu'il veut aux Saoudiens et vanter la diplomatie économique quand bien même sa posture rend triquart nos entreprises en Iran. A un moment, il faut ouvrir les yeux sur les mouvements et processus géopolitiques qui se cristallisent pour donner trouble et chaos pendant des décennies. Nous sommes à la traîne!

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01 mars 2015

Si tu vas à Damas...

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Marrant de voir comment quatre « gugusses », un quarteron de parlementaires, peuvent soudain amener à revisiter l’action diplomatique de la France à l’égard de la Syrie où ce joue un conflit à haut risque. Après le débat politique de ces derniers jours – le Premier ministre a parlé de « faute morale », il fallait entendre ce matin un autre quatuor vitupérer et agonir d’injures ces pauvres bougres partis rencontrer Bachar Al Assad comme on se lèverait de bon matin pour aller déjeuner avec le diable.

Cette critique en chambre, provenant d’intellectuels importants, apparait un peu sommaire. Elle cache l’aveuglement dangereux d’une diplomatie sans repères ni boussole, ballotée au creux des événements qui agitent le Proche et Moyen-Orient sinon depuis la 2ème guerre d’Irak, du moins depuis les printemps arabes, il y a quatre ans. Les révolutions de palais, en Tunisie, en Egypte, en Libye ont tourneboulé les chancelleries occidentales. Bachar Al-Assad devait être le prochain des potentats locaux à céder la place. Peine perdue ; cette conjecture n’a toujours pas eu lieu et si tout le monde dit que l’avenir de la Syrie se fera sans lui, il est toujours là. L’autocrate sanguinaire joue d’une habileté diabolique pour se maintenir au milieu du chaos. Cette résistance, pour immonde qu’elle paraisse, oblige à revoir l’échelle des périls dans la région. Aujourd’hui, la menace vient moins de Bachar Al-Assad et de ce qu’il reste de l’Etat syrien que du radicalisme islamique et terroriste à l’abri duquel l’ébauche d’un califat se forme.  L’assertion de nos commentateurs du dimanche comme quoi Daech serait la créature du maître de Damas est un peu courte. Elle mériterait d’être étayée. Quand bien même, on peut compter sur le Président syrien pour profiter du chaos qui règne dans son pays, jouer des divisions entre les factions islamistes belliqueuses et en faire des diversions pour cacher ses propres turpitudes, il faut revenir aux fondements du conflit qui embrase la région issu du duel à mort entre chiites et sunnites. A l’aune de cette rivalité, on connait le camp du dictateur syrien. Il prétend combattre le "terrorisme sunnite" depuis 2011.

Comme beaucoup, nos parlementaires en goguette, qui ce faisant ont très certainement bénéficié d’un accompagnement autorisé et d'une escorte zélée, ont sans doute fait le constat amère que la guerre civile syrienne, quatre ans après de lourds combats et un atroce bilan – 210 000 morts, 4 millions d’exilés -, est au point mort. Tirer cette sombre statistique et s’apitoyer des terribles conséquences humanitaires ne fait pas une politique alternative. Les deux médiations internationales à Genève, en 2012 et 2014 n’ont rien donné. L’idée funeste d’une intervention militaire a fait long feu, de même que la parade russe en début d’année sous la forme d’une conférence internationale improbable sur la Syrie.

Entre temps, Daech, organisation barbare innommable et surtout pas du nom d'un Etat, s’est imposé avec son idéal de haine, sa doctrine suicidaire et ses relents génocidaires ; vu ce qu’ils font et ce qu’ils sont, ce sont ses combattants et son endoctrinement qui représentent la première menace, à la fois sur le Proche-Orient avec la velléité d’instaurer un califat telle une autorité d’un autre temps, mais également jusque dans nos société au sein desquelles de jeunes en mal être sont incités à aller se perdre dans le jihad. Ce qui était un sujet de politique étrangère est devenu une question de sécurité intérieure.

Dans ce monde en guerre où les événements se succèdent à grande vitesse avec des effets contraires dont le caractère imprévisible contraint la communauté internationale aux atermoiements et à l’indécision, le politique doit savoir opérer des retournements stratégiques. Les changements de pieds sont parfois scabreux. Ils permettent néanmoins de répondre aux urgences de situations anarchiques que l’ordre mondial ne sait pas calmer. Il faut alors que l’empirisme dans la conscience qu’une hiérarchie des menaces oblige à des renoncements. Laurent Fabius, semble avoir compris la nécessité d’une inflexion. Notre Ministre des Affaires Etrangères ne cesse de mettre en garde contre un effondrement total de l’Etat en Syrie qui conduirait à la situation incontrôlable que connait l’Irak. On retrouve bien l’échelle des dangers. Même, s’il est, à juste titre sévère à l’égard de Président Syrien dans une récente tribune donnée au Monde et cosigné avec son homologue britannique, il entrouvre une porte: «Pour notre propre sécurité nationale, nous devons venir à bout de Daech en Syrie. Nous avons besoin d’un partenaire pour agir contre les extrémistes, donc d’un règlement politique négocié entre les différentes parties syriennes et conduisant à un gouvernement d’unité. »  Et s’il ne s’agit pas pour lui de faire le chemin de Damas, peut-il trouver opportun que des factotums fassent inconsidérément le déplacement, ne serait-ce que « pour voir ce qui se passe, entendre, écouter ».

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14 février 2015

Les grands garçons ; Claude Askolovitch, Plon, 14,90€

 

Les grands garçons

La politique est un plaisir solitaire qui se goûte en meute. Dans la force des années de jeunesse, il y a la liesse des petites troupes ; l’exaltation des esprits aux sources des idéologies compartimentées par la Science politique qui s’apprend savamment. Elle se confronte à la force des sentiments. Demain sera plus grand puisque nous allons refaire le monde. C’est beau la politique, et c’est festif. Voici venu « le temps enthousiasmant des jeunes lions »! Ca touche à l’humain ; ça embrasse la société et l’humanité réunie. Sauf qu’à force de jouer on finit par déchanter : « Si je devais faire une phrase de fin, je dirais qu’il faut savoir quitter la scène quand on ne sait pas jouer plus longtemps la comédie ».

Sans en avoir l’air, Claude Askolovitch rend un hommage vibrant et réussi à la première génération de femmes et d’hommes qui ne parviendront pas à conjuguer leur passion politique à la longévité d’une carrière politicienne. Le parcours qui dure toute une vie n’existe plus. Ce sont désormais des passages éphémères aux sommets du pouvoir. Eux aussi iront faire de l’argent ; c’est une ambition comme une autre. C’est donc aussi, un peu, l’histoire d’une génération sacrifiée que nous conte Claude Askolovitch, trop aimable de partager tout ce qu’il en connait.  

Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Manuel Valls et quelques autres croyaient trop fort en leur étoile pour ne pas voir que l’horizon était bouché. Comme la vie et l’économie, la politique est affaire de cycles. Désormais la roue tourne plus vite, au rythme de quinquennats qui se ressemblent dans la désillusion des émotions et la frénésie des renoncements. Louper son tour, c’est la sortie de route. D’autres sont déjà dans la place, plus dociles et d’un autre temps ; Najat Vallaud-Belkacem qui, outre la grâce, possède tous les ingrédients du modèle républicain au XXIème siècle, Emmanuel Macron, sans complexe malgré les distorsions de son parcours.

Et si seulement au Congrès PS du Mans - novembre 2005 -, Arnaud Montebourg - 41 ans sonnés - s’y était employé, n’aurait-il pas pu être le candidat des gauches en 2007 ? Deux artistes de l’éloquence et de l’énergie face à face ; feu d’artifice en perspective ! La France aurait pu en être changée. En politique, les regrets finissent dans l’impasse. A qui peut-on se fier pour s’émanciper ? Pas aux aînés qui bloquent les postes et les places. Manuel Valls l’a éprouvé en trois déceptions successives qui s’appellent Michel Rocard, une, Lionel Jospin - Ah, le 21 avril 2002 cauchemardeux -, deux et Dominique Strauss-Kahn, trois. Mieux vaut rouler pour soi-même.

Ils sont beaux, ils sont forts ces garçons dont Claude Askolovitch nous brosse le portrait fougueux en creux de leur parcours déjà éteint à force d’incompréhensions sur les rigueurs du jeu de dupes. Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Vincent Peillon sont sur la touche ! Manuel Valls a l’illusion de son poste. Il s’astreint aux règles de la Vème République qui veulent que la fidélité au Chef de l'Etat soit un gage de longévité, sinon de succès. Les autres ont trop haï François Hollande pour s’y conformer. Mais les pieds du Premier ministre sont entravés par la petitesse du Président de la République qui saura bien le croquer le moment venu par une inversion incroyable de leurs courbes de popularité ; un accident est si vite arrivé.

Tout ce travail, cet engagement et ces talents viennent se briser sur la réalité d’un monde qui reconnait mieux les médiocres que les cadors. Mais c’est aussi le choc de réalité du pouvoir face auquel les socialistes viennent régulièrement se fracasser qu’ils dessinent de leur petite traçe personnelle. L’exercice du pouvoir, quand bien même il s’agit de mener la bataille du « made in France » ne vaut pas les déclamations d’estrades, les jeux d’appareils, les joutes de congrès et l’influence marcescente des courants. C’est le dilemme permanent qui agite leur famille politique depuis Jean Jaurès. Enfant d’une deuxième gauche évanescente, Manuel Valls défend le parti de la raison à coups de menton. Il voulait changer le PS jusqu’à son nom. Il négocie le virage social-libéral du Pacte de responsabilité et de solidarité. Il affirme un programme et des réformes là où l’antienne des siens a toujours été de « changer la vie » ou de « réenchanter le rêve français ». Benoît Hamon préfère disserter – « Notre tradition politique nous rattache à une certaine conception de la liberté. Isaiah Berlin, un philosophe libéral, plutôt classé à droite, a formidablement théorisé deux conceptions de la liberté : la liberté négative et la liberté positive, etc… ». Il ne votera pas la loi Macron.

Claude Askolovitch connait ses héros à la perfection - « Manuel accepte les choses, et s’en arrange, s’il ne s’en satisfait pas. Arnaud les renverse, et puis s’en va si elles résistent, ou manœuvre inconsciemment de façon à en être expulsé ». Son livre se dévore en un rien de temps, mais son goût de nostalgie dure longtemps. Dans un style échevelé, parfois noué par l’émotion d’un compagnonnage épris de subjectivité, il nous donne à voir des esprits séduisants qui se sont illusionnés à vouloir représenter la gauche. Ils ne s’en remettront pas.

12 janvier 2015

Après ces jours terribles

 

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La force du drame, son "sensationnalisme sidérant", ses ressorts et les cibles symboliques lâchement frappées ont généré un moment de ferveur populaire inédit. Plusieurs millions de personnes se sont rassemblés en hommage aux dix-sept victimes des terroristes djihadistes. Sous plusieurs prétextes qui se rejoignent pour converger, les marcheurs du dimanche 11 janvier ont créé un événement qui doit faire date, comme un sursaut à l'envie de retrouver ce qui fonde l'unité d'un peuple dans ce qu'il a en partage et pour ce qu'il veut (re)constuire. La foule était belle, calme et sûre entre République et Nation. Un temps, les politiques ont failli gâcher ce moment de concorde par des réflexes de bas nveau qui les poussent à inscrire tout événement dans un rapport de force, en fonctions d'intérêts partisans. La petitesse de la classe politque actuelle est handicapant.

Pour un Président normal, François Hollande a fait ce qu'il avait à faire ; Reste désormais à respecter cette unité - un message d'exigence -, à la faire vivre ; à partir d'aujourd'hui, la politique reprend ses droits. On la veut réactive, et efficace enfin! La surenchère verbale qui vise à entretenir une dépendance collective aux émotions ne saura suffire ; en 2002, le Président élu n'avait rien fait du mouvement populaire qui s'était soulevé derrière son nom. Le Président actuel saura-t-il éviter la léthargie qu'il incline à privilégier jusque là et qui révèle, aux yeux des français, sa nature la plus profonde ? Il s'agit d'incarner totalement et sincèrement la force de la République et de ses valeurs! L'Europe saura-t-elle aussi répondre aux vrais enjeux de civilisation qui habitent son idéal et justifient sa raison d'être? Le monde saura-t-il éteindre le feu qui dévaste le Proche-Orient depuis trop longtemps et répand sûrement un climat mortifère contagieux? 

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08 janvier 2015

Ce 7 janvier 2015

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Trois mots pour s’extraire de cette émotion étouffante qu’amène ce genre de drame national. Il faut tenter d’apaiser l’indignation qui peut vite altérer la perception des faits et le jugement qu’on en a. Mais quand même ! C’est la guerre ! La guerre à l’islamisme radical qui s’impose insidieusement dans nos sociétés de la vieille Europe depuis plus de vingt ans.

 Sécurité

Dans ce contexte, qui atteint un niveau d’alerte maximal en écho aux chaos du monde, il faut pouvoir compter sur le maintien de l’ordre dans notre pays. Aujourd’hui, ce ne peut plus être une formule vaine. Face à cette menace insidieuse et larvée, autant imprécise que criminelle, l’Etat doit exercer cette prérogative par la force et sans faiblesse. Il doit en avoir les moyens, tant d’un point de vue politique que matériel et juridique. Il est insupportable d’avoir entendu dans l’un des premiers témoignages de la tuerie de Charlie Hebdo que des policiers avaient eu peur, qu’ils avaient reculé devant des assaillants très bien armés et bien trop déterminés pour s’immobiliser aux premières sommations (le lecteur comprendra qu’il ne s’agit pas ici d’incriminer à la réaction des policiers concernés). Ce témoignage révèle la part trop importante des zones de non droit dans notre pays. Quand bien même de nombreux périls ont été déjoués dans la discrétion d’une action efficace des « services », il révéle un peu plus une métamorphose de la menace. Lâchement, elle infiltre nos sociétés démocratiques marcescentes avec des loups solitaires embrigadés au point d’être capable du pire, sans scrupule ni remords.

Liberté

Elle s’arrête où commence celle des autres. Tout est dans la nuance que chacun accorde à cette assertion. L’assassinat tragique de dessinateurs de presse, l’attaque à l’arme lourde d’un journal, fusse-t-il satirique, bête et méchant, ce qu’il était souvent, révèle l’amplitude de la précarité de ce bien commun dans un Etat de droit. C’est la liberté qui donne son sens à la vie sociale avec, pour chacun, un droit individuel à l’émancipation au milieu des autres. Nos sociétés sont-elles encore capable de proposer une espérance en la matière qui deviendrait une réalité par la voie du progrès et de la modernité ? A défaut, la rancoeur et le renoncement s’installent, le repli communautaire et l’isolement de l’entre-soi se développent, l’incompréhension se diffuse, et l’oppression du plus fort finit par peser sur le plus faible, comme un éternel recommencement de l’Histoire.

Cibler Charlie Hebdo rappelle lourdement, et sans doute confusément que la liberté qui s’accorde sans nuance à la démocratie est loin d’être une évidence à tout jamais établie dans notre société. A chacun de nous d’en être le dépositaire par l’incarnation d’un idéal politique qui doit se penser collectivement.

Education

La sécurité et la liberté ne sont rien sans l’éducation. Comment ne pas voir le déficit cruel dont souffre notre société dans ce domaine. L’accès aux NTIC de plus en plus répandu est un leurre, les chaînes TV « tout info » sont une imposture pédagogique, les réseaux sociaux tissent un fouillis sans nom. C’est le paradoxe d’une information abondante qui, sans raison,  nous étouffe sous l’émotion. Notre époque renoue avec l’obscurantisme. La grandiloquence affichée pour proclamer la force des valeurs, de respect, de tolérance, d’écoute et de partage n’est qu’un écran de fumée. Nous nous payons de mots. Ces notions n’inspirent rien dans les esprits décervelés d’aujourd’hui, placés sous emprise narcissique. Dans une société déstructurée, la voie du progrès, l’esprit de concorde et d’entente auquel notre pays aspire comme l’illustre l’énorme mouvement d'opinion nationale autour des martyrs de Charlie Hebdo, a besoin de renouer franchement avec une éducation qui élève la jeunesse de France à l’heure où ses enfants pensent leur avenir avec le Jihad, comme s’il s’agissait d’un jeu vidéo.

Que la capacité soit donnée à tout un chacun de comprendre les enjeux sécuritaires dans ce monde incertain, d’apprécier le creuset commun pour un vivre ensemble, d’être en mesure d’accepter, sinon comprendre, l’humour de Charlie Hebdo. La politique a encore de belles heures devant elles pour peu que celles et ceux qui la servent en Europe se ressaisissent.

Posté par gtab à 23:11 - Commentaires [0] - Permalien [#]