Si Francois Hollande a découvert en 2013 que Bachar Al Assad était un tyran, preuve est une nouvelle fois apportée qu'il était bien mal préparé dans le domaine réservé à la fonction présidentielle. La diplomatie a un train de retard. Elle pense que le printemps arabe suit son cours et que l'effet domino fonctionne encore pour mettre à bas les dictateurs du pourtour méditerranéen.

Dans l'échelle des périls, il faut savoir graduer les risques. On est atterré de découvrir qu'au titre d'une coalition fantoche, les forces françaises seraient autorisées à frapper en Irak,..... mais pas en Syrie. Et qu'il leur faille plusieurs mois pour observer le terrain avant de procéder à des bombardements ciblés. Daesh et l'aréopage de milices islamistes s'affranchissent bien des frontières Sykes-Picot. Pourquoi pas nous ?

La focalisation médiatique sur les migrants, et la situation tout aussi dramatique des déplacés, chassés par les combats sont la plus belle preuve de la visée expansionniste de Daesh qui gagne du terrain et voit ses velléités satisfaites. C'est également l'aveu de notre faiblesse et de notre désertion.

Il y a urgence à mettre Daesh hors d'état de nuire et avec lui cette mouvance radicale islamiste qui gangrène nos sociétés. Plus on attend, plus ce sera long et rude. Notre Ministre de la Défense parle lui-même de "légitime défense de la France en Syrie". Alors? Face à cet objectif qui ne peut attendre, Bachar Al Assad est utile et nécessaire. Il sera temps, le moment venu, d'envisager son départ et l'avenir de la Syrie. Le processus de transition doit s'appréhender une fois Daesh éradiqué ou neutralisé. Contrairement à ce que dit notre Président, il faut séquencer les problèmes et donner la priorité à la lutte contre le terrorisme international. Faut-il que nous soyons si peu clairvoyants, sous l'emprise d'influences parallèles ou en état d'incapacité totale à réagir pour se faire rappeler à la raison par les Russes. Et qu'importe les intentions réelles de Vladimir Poutine en Syrie. Elles suscitent des interprétations stériles tant elles sont diverses et antagoniques. Objectivement, Occidentaux et Russes ont pour adversaire commun "l'Etat Islamique". Laurent Fabius peut bien vendre ce qu'il veut aux Saoudiens et vanter la diplomatie économique quand bien même sa posture rend triquart nos entreprises en Iran. A un moment, il faut ouvrir les yeux sur les mouvements et processus géopolitiques qui se cristallisent pour donner trouble et chaos pendant des décennies. Nous sommes à la traîne!