Il faut se méfier de FH jusqu'au bout. C'est un politicien habile et retors. L'exercice de la plus haute responsabilité publique n'a pas changé son état d'esprit. Le tragique de l'histoire n'a pas transformé son approche du combat politique. Ses réflexes, conditionnés par la force de l'habitude, le ramènent à des comportements qui bien que désuets peuvent produire leur effet.

Il a naturellement beau jeu de dénoncer la récupération politique des attentats de la part de la droite. L'esprit du 11 janvier a fait long feu. Certains propos excessifs des candidats à la primaire de la droite et du centre, en dehors de toute raison, lui facilitent la tâche. Insipide et inconstant, Alain Juppé s'enflamme et succombe à l'outrance des propos de campagne. Mais insidieusement, FH va plus loin. Â ce débat sur l'efficacité de l'action publique qui s'anime à la perspective de l'élection présidentielle, il déplace le sujet et renvoie aux valeurs. Ainsi, au-delà du terrorisme, de ses dangers et du climat de peur qu'il instille dans la société pour mieux la déstabiliser et la détruire, il y aurait pire. Celles et ceux qui, pour tenter d'éradiquer ce péril, seraient prêts à rogner les valeurs de l'Etat de droit ; comme un vieux retour du débat politique manichéen qui réparti l'ordre et la liberté en deux camps bien distincts. Il y aurait pour FH, ses affidés - pour le peu
qu'il en reste - et les forces de gauches rétives aux réalités de l'économie mondialisée, le ciment des valeurs républicaines que la droite menacerait d'annihiler : "ils veulent en finir avec le droit" ; "Leur ligne, c'est mieux vaut perdre l'Etat de droit plutôt que de perdre la vie". Â chacun sa récupération.