François Hollande est dévitalisé. L’homme de la synthèse n’agrège plus. Le départ de son ministre de l’économie, Emmanuel Macron relève d’une sanction sans appel pour le chef de l’Etat. Il y a deux ans, il avait lui-même, par un acte d’autorité inédit parce que fortement téléguidé par son Premier ministre, rompu avec les mauvais garçons de son gouvernement. Ironie de l’histoire, il avait viré Arnaud Montebourg pour le remplacer par Emmanuel Macron. Peine perdue, effort vain d’un virage social-démocrate subodoré qui signe aujourd’hui une nouvelle sortie de route de l’exécutif.

Cette fois, François Hollande n’a même pas pu illusionner l’opinion d’une décision personnelle. C’est Emmanuel Macron qui se retire de lui-même. Le Président n’a pas su trancher – à son niveau, il peut tout ; son ministre maitrisait le calendrier. Il faisait monter la sauce de sa démission inéluctable. Elle était prévisible et attendue. Malgré les remontrances de son Premier ministre – « il faut que ça cesse ! » -, François Hollande a été incapable de contrarier la petite ambition d’Emmanuel Macron qui pourtant lui doit tant.

Dépassé sur sa gauche – rarement on a vu attaques plus virulentes d’anciens ministres contre un Président qu’ils ont servi – défait sur sa droite, il ne lui reste que Stéphane Le Foll, Najat Vallaud-Belkacem et la promotion Voltaire.

François Hollande a souvent été un stratège par défaut et un tacticien guidé par les circonstances. En chef de parti, il a passé son temps à recoller les morceaux d’un parti socialiste éclaté en courants. Sa longévité montre qu’il sut y trouver un petit bonheur. Il en tirait alors les honneurs qu’on voulait bien lui laisser.

Derrière sa décision d’être candidat à la primaire socialiste de 2012 – peut-être son seul acte de verticalitée pensé et conduit de manière programmée dans la solitude d’une destin affirmé -, il y a le bol faramineux du concours de loterie  extravagant qui l’a vu sortir du lot de socialiste pour aller défier Nicolas Sarkozy. La suite a prouvé qu’il n’était pas taillé pour la fonction. Les françaises et les français pouvaient-ils en douter ? D’inexpériences en maladresses, de renoncements en louvoiements, François Hollande que la chance a définitivement largué le 7 mai 2012, n’a plus qu’une valse hésitation dans sa manche ; être ou ne pas être candidat en 2017 ? Et pour quoi faire ? Son bilan est indéfendable ; son renoncement semble impossible. Il invoquera le trop plein pour tenter d'incarner l'essentiel et dominer enfin tous ceux, comme Emmanuel Macron, qui le dénigrent.