Apres les quatre tours ineptes et éreintants des primaires de droite et de gauche, arrive enfin les quatre tours décisifs du rendez-vous démocratique quinquennal. Plus que jamais, l'élection présidentielle doit se jouer en pensant aux élections législatives qui suivront. Moins que jamais, le scrutin majeur - la pierre angulaire - de la Vème République se fera sur la tête d'un candidat. Aucun n'en a le niveau et la fonction présidentielle n'inspire plus le respect.

Il faut alors se tourner vers les deux éléments structurants pour l'avenir prometteur de la France : le programme présidentiel et la majorité parlementaire qui le mettra en oeuvre. Plus sûrement que la quête dévaluée d'un monarque Républicain, ce sont eux qui doivent faire le vote. Sans faire le bilan inutile de François Hollande, rappelons ici qu'il lui aura manqué, et l'un, et l'autre. Le programme qui l'a fait élire n'est pas celui qu'il a mis en oeuvre ; la majorité à l'Assemblée nationale, organisée par les investitures de Martine Aubry, n'était pas la sienne. Il y a eu les frondeurs. Il fut dans l'incapacité de se représenter!

Avant de passer dans l'isoloir, ce 23 avril 2017, il faudra avoir en tête les projets des candidats et visualiser la majorité issue des législatives, le 18 juin. Le temps béni où l'on pouvait choisir au premier tour et éliminer au second est révolu. Les primaires ont lamentablement détruit cet équilibre subtil qui faisait alterner dans l'urne, pulsion libératrice et choix raisonné.

Des principaux programmes proposés dans cette quadrangulation électorale serrée de premier tour, un seul pourra trouver à se concrétiser dans une majorité parlementaire. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, n'en auront pas. Le Front national est encore installé dans un splendide isolement et les deux gauches irréconciliables vont le rester. À pleine élu à la magistrature suprême, l'une et l'autre entameraient leur mandat par une cohabitation conflictuelle, plus stérile que jamais. On pourrait aboutir au pire des périls. Emmanuel Macron aura lui aussi du mal à mettre en marche le nombre nécessaire de députés qui lui permettrait de dérouler son programme. Il goûtera les délices marcescents, longtemps rêvés par François Bayrou, du centre dont François Mitterrand disait "[qu'il] n'est ni de gauche, ni de gauche". Seul François Fillon serait le mieux à même de construire cette majorité parlementaire qui malgré le présidentialisme exacerbé qui affleure sous le quinquennat, demeure un pouvoir indispensable au Chef de l'Etat. #francoisfillon